Mots-clé : Vincent Dumestre

Reprise de L’uomo femina à Rouen : le fragile renversement des genres

par

L’Opéra Orchestre Normandie Rouen a repris, en deux représentations, L’uomo femina de Baldassare Galuppi, recréé il y a un an à l’Opéra de Dijon, puis présenté à Caen et à Versailles. Agnès Jaoui signe la mise en scène de cet opéra ressuscité par Vincent Dumestre.

Retrouvée en 2006 dans la bibliothèque du Palais d’Ajuda à Lisbonne, la partition déploie une intrigue singulière : sur une île gouvernée par une femme, deux naufragés sont recueillis par deux guerrières, qui s’éprennent aussitôt d’eux. Leur reine, Cretidea, se laisse elle aussi séduire par l’un des étrangers, causant le bouleversement d’un ordre établi depuis toujours.

Entre baroque et classicisme

La musique de Galuppi navigue entre le baroque et le classicisme. À certains moments, l’aria da capo cède la place à des mélodies soutenues par une basse d’Alberti, ou à des ensembles vocaux annonçant Mozart, comme le sextuor final de l’acte I. Ailleurs, récitatifs et airs à la basse continue rappellent Vivaldi, avec qui le compositeur partageait alors une popularité. Tout au long de l’opéra, ce mélange de ces deux styles se retrouve fréquemment. Ainsi, le recitativo secco de Roberto accompagné de deux théorbes est suivi d’un air d’un style très mozartien (acte I). À l’acte II, des harmonies étrangement dissonantes s’insèrent dans un air, toujours confié à Roberto. Faut-il y voir la volonté de représenter un homme issu d’un monde inconnu, où deux cultures se mêlent, ou simplement l’ouverture du compositeur à une autre écriture ? La question reste ouverte.

Le Stabat Mater de Pergolèse au Théâtre des champs Elysées

par

Le Poème harmonique de Vincent Dumestre donnent au Théâtre des Champs Elysées une représentation du Stabat Mater de Pergolèse. Pour mieux saisir l’atmosphère de son époque, quelques œuvres du XVII siècle, ont été ajoutée,   à savoir :  l'Intonation d’un Stabat Mater d’un compositeur inconnu, une tarentelle « Mo’e benuto il Giovedi Santu » d’un autre compositeur anonyme, le Stabat Mater du Manuscrit de Monopoli, le Concerto per quartetto numéro 1 en Fa mineur de Francesco Durante et le Stabat Mater du Manuscrit d’Ostuni. Toutes ces partitions précédent l’ultime chef d’œuvre de Pergolèse.

Est-ce le hasard de la programmation qui fit que le spectacle était divisé entre une première partie orientée vers les voix masculines, à savoir du Stabat Mater initial jusqu’à celui du manuscrit d’Ostuni, et une seconde vers les voix féminines avec le Stabat Mater de Pergolèse ? En tous cas, le spectacle commença fort bien était fort avec le l’Intonatione du Stabat Mater initial, duo a capella dans lequel Serge Goubioud et de Hugues Primard purent exprimer leur souplesse vocale. Il continua avec la Tarentelle, durant laquelle les musiciens entrèrent dans la salle en passant au milieu des spectateurs, Puis ce fut le Stabat Mater du manuscrit de Monopoli, talon d’Achille du spectacle, dans lequel Serge Goubioud, Hugues Primard et leur confrère baryton Emmanuel Vistorky cherchaient en vain la vitalité de cette œuvre quasi monocorde.

Révélation de Coronis, zarzuela politico-amoureuse, enfiévrée par Vincent Dumestre

par

Sebastián Durón (1660-1716) : Coronis, zarzuela en deux journées. Ana Quintans, soprano [Coronis]. Isabelle Druet, mezzo-soprano [Triton]. Cyril Auvity, tenor [Proteo]. Anthéa Pichanick, contralto [Menandro]. Victoire Brunel, mezzo-soprano [Sirene]. Marielou Jacquard, mezzo-soprano [Apolo]. Caroline Meng, mezzo-soprano [Neptuno]. Brenda Poupard, mezzo-soprano [Iris]. Olivier Fichet, ténor [cantante del coro]. Vincent Dumestre, Le Poème Harmonique. Avril 2021. Livret en français, anglais, allemand ; paroles en espagnol traduit en français et anglais. TT 40’41 + 58’02. Alpha 788

Le Poème Harmonique de Vincent Dumestre et sa nouvelle version du Cadmus et Hermione de Lully : une grande réussite

par

Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : Cadmus et Hermione, tragédie en musique en un prologue et cinq actes. Thomas Dolié (Cadmus), Adèle Charvet (Hermione), Eva Zaïcik (Charite, Melisse), Lisandro Abadie (Arbas, Pan), Virgile Ancely (Draco, Mars) et neuf autres solistes ; Ensemble Aedes (Mathieu Romano, chef de chœur) ; Orchestre du Poème Harmonique, direction Vincent Dumestre. 2019. Notice en français, en anglais et en allemand. Livret complet avec traduction anglaise. 122.20. Un album de deux CD Château de Versailles CVS037.  

Le Poème Harmonique : le coffret des 20 ans

par

Coffret anniversaire des 20 ans du Poème Harmonique sous la direction de Vincent Dumestre. Œuvres de Domenico Belli, Anthoine Boesset, Emilio de Cavalieri, Marc-Antoine Charpentier, Jean-Baptiste Lully, Nicolas Clérambault, François Couperin, Michel-Richard de Lalande, Robert de Visée, Pierre Guédron, Etienne Moulinié, Claudio Monteverdi, etc. 2019. Pas de livret. 21 h 28. 20 CD Alpha 568.   

Lully dans toute sa gloire

par
Phaeton

© Audrey Chuntomov

Phaéton
Quelle joie de voir et d'écouter une tragédie lyrique de Lully dans cette éblouissante salle de l'Opéra Royal de Versailles ! Lors de la saison 2010-2011, Benjamin Lazar et Vincent Dumestre avaient enchanté le public par un superbe Cadmus et Hermione, repris depuis en DVD, et chroniqué avec enthousiasme ici même. Les voici cette fois dans le dixième opus du Surintendant.