Voyage en Europe Centrale à l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg

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En cette soirée pluvieuse du 12 février, le public strasbourgeois s’est engouffré en nombre dans la salle Érasme du Palais de la Musique et des Congrès. Consacré à des compositeurs d’Europe Centrale, le concert était dirigé par Aziz Shokhakimov, directeur artistique et musical de l’ensemble. Nous avons pu entendre le Concerto pour orchestre de Béla Bartók, le Concerto pour violon n°1 de Karol Szymanowski ainsi que la Rhapsodie roumaine n°1 de Georges Enesco. 

Fait étrange, la première partie du concert fut consacrée au Concerto pour orchestre et la seconde au Concerto pour violon suivi de la Rhapsodie. Nous aurions pu nous attendre à ouvrir cette soirée par l'œuvre de Georges Enesco suivie du concerto pour violon, et de clôturer par Bartók. Qu'à cela ne tienne, ce choix n’empiéta pas sur la qualité de cette représentation. 

Plutôt calme par rapport à ce que l’on peut parfois voir, Aziz Shokhakimov a brillé par sa gestion des couleurs et des balances dans le Concerto pour orchestre. Chaque intervention fut parfaitement intelligible, chaque couleur vint s’ajouter délicatement à un tableau sonore très maîtrisé. Outre les interventions en duo très réussies des vents au deuxième mouvement, il faut souligner le magnifique son du pupitre des cuivres, surtout dans le choral de ce même mouvement. Le troisième mouvement fut également très bien mené, avec notamment un début très sombre, très tendu et surtout très piano, presque imperceptible mais pourtant extrêmement prenant.

En deuxième partie, nous avons donc pu entendre la violoniste Maria Duenas dans le Concerto pour violon n°1 de Karol Szymanowski. Tout au long de l'œuvre, et jusque dans le bis, la soliste espagnole a brillé par son phrasé et son lyrisme exceptionnel dans les passages les plus calmes. L’orchestre a quant à lui créé de nombreuses atmosphères très contrastantes, soutenant magnifiquement la violoniste. L'œuvre, peu jouée, est une magnifique pièce orchestrale, d’un seul tenant. On pourrait seulement regretter que le soliste ne soit pas mis encore plus en valeur. 

Pour clôturer cette belle soirée, l’orchestre alsacien a interprété avec énergie la Rhapsodie Roumaine n°1 de Georges Enesco. Ouverte par un sublime duo entre clarinette et hautbois exposant le premier thème, la pièce du compositeur roumain fut jouée avec beaucoup de contraste, de fougue parfois, et surtout d’énergie de la part des musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg. 

12 février, Salle Erasme, Palais de la Musique et des Congrès, Strasbourg

Alex Quitin

Crédits photographiques : David Amiot

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