Ysaÿe, un compositeur à redécouvrir

par Click Here

Eugène YSAŸE (1858 - 1931)
Harmonies du soir et autres poèmes : Méditation pour violoncelle et orchestre op. 16 - Harmonies du soir pour quatuor et orchestre op. 31 - Poème élégiaque pour violon et orchestre op. 12 - Sérénade pour violoncelle et orchestre op. 22 - Amitié pour deux violons et orchestre op 26 - Exil pour orchestre op. 25
Tatiana Samouil (violon), Tibault Lavrenov (violoncelle), Emilie Belaud et Olivier Giot (violons), Quatuor Ardente, Orchestre Philharmonique Royal de Liège, dir.: Jean-Jacques Kantorow
2014-DDD-Textes de présentation en français, néerlandais, anglais, allemand-Musique en Wallonie MEW 1472

"Quelle place accorder aujourd'hui à Ysaÿe compositeur?". Lors de son séjour aux Etats-Unis où la guerre l'avait fait émigrer, il sentait le fossé se creuser entre sa pensée musicale et les compositeurs de son temps, Stravinsky, Bartok, Schoenberg ou encore Darius Milhaud. Car c'est en violoniste, en connaisseur de l'intimité de la musique que Ysaÿe entendait s'exprimer. A travers le poème pour instrument(s) à cordes et orchestre, moins contraignant que le concerto, plus concis aussi, puisque la plus longue de ces pièces atteint un peu plus de quinze minutes. Ce souci de composer en fonction de la connaissance intime de l'instrument, il nous le révèle par sa perplexité à composer pour violoncelle et orchestre, expressivité de l'instrument qu'il fera sienne à l'écoute des Casals, Hoffmann, Servais,... La connaissance de l'oeuvre d'Ysaÿe se réduit souvent aux Six Sonates pour violon seul, oeuvres virtuoses, autant de défis pour les violonistes. Toutefois le compositeur précise : "Un maître de violon doit être un violoniste, un penseur, un poète, un être humain; il doit avoir connu l'espoir, l'amour, la passion et le désespoir, il a dû vivre toute la gamme des émotions afin de toutes les exprimer dans son jeu". C'est ce "maître de violon" qui s'exprime ici à travers ces poèmes, oeuvres plus tardives unissant dramatisme et lyrisme, chants et pleurs, ombre et lumière, romantisme allemand et impressionnisme français, richesse harmonique, variété de timbres et novateur d'un genre : le poème pour instrument à cordes et orchestre, genre qu'avait pensé Liszt à l'orchestre et qui inspirera Ernest Chausson. Jean-Jacques Kantorow possède la "flamme Ysaÿe" qu'il communique à l'Orchestre de Liège et aux solistes totalement investis. Remarquable prise de son de Manuel Mohino.
Bernadette Beyne

Son 10 - Livret 8 - Répertoire 9 - Interprétation 9

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