"De midi à la nuit étoilée", nous sommes superbement emportés par Marc-André Hamelin !

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Claude BAKER (°1948) Concerto pour piano et orchestre "From Noon to Starry Night", Aus Schwanengesang Marc-André Hamelin, piano, Indianapolis Symphony Orchestra, dir.: Gilbert Varga & Juanjo Mena, direction 2017- DDD-50'00" - Textes de présentation en anglais - Naxos 8.559804 Quel fantastique pianiste que ce Marc-André Hamelin. Tout aussi à l'aise dans Rachmaninov que dans Alkan ou Medtner, le voici qu'il nous fait découvrir Claude Baker. Ce dernier est professeur de composition à l'Université d'Indiana, Bloomington. Le concerto pour piano de midi à la nuit étoilée est aux dires de son auteur un commentaire musical de poèmes de Walt Whitman, un proche des philosophes et poètes transcendentalistes du petit village de Concord, Massachusetts, cher à Charles Ives ; il est piquant de constater que Hamelin est aussi un des meilleurs interprètes de la terrible sonate Concord de ce dernier. Le sens des "collages" et des réminiscences que cultivait Ives se retrouve chez Baker. Les cinq poèmes qu'il a choisis forment les cinq mouvements de l'oeuvre : Beat! Beat! Drums! (Battez ! battez ! Tambours !) - Give Me the Splendid Silent Sun (Donnez-moi le splendide soleil silencieux) - Warble for Lilac-Time (gazouillis pour le temps du lilas) - The Dalliance of the Eagles (le badinage des aigles) - The Mystic Trumpeter (le trompettiste mystique). Les premier et quatrième mouvements sont, en fait, de très courtes introductions (attacca) aux deuxième et dernier ; on a ainsi une structure tripartite traditionnelle. Le langage et l'orchestration résolument modernes se combinent avec des citations comme la Concord Sonata ou The Unanswered Question de Ives, le premier des quatre derniers Lieder de Richard Strauss, le second des six Lieder du Chant de la terre de Gustav Mahler, le dernier des Vingt regards sur l'enfant Jésus de Messiaen, la mélopée d'un troubadour médiéval... L'oreille tressaute de curiosité dans ce concerto d'une demi-heure, d'une orchestration étincelante et interprété en live par un Marc-André Hamelin au mieux de sa forme éblouissante. On est également heureux de retrouver Gilbert Varga que l'on avait eu l'occasion d'apprécier lors de ses prestations à la direction d'orchestre au CMIREB, notre concours Reine Elisabeth. Autre enregistrement pris sur le vif, le Aus Schwanengesang est une sorte d'hommage au cycle le Chant du cygne de Franz Schubert. Suivant sa propre conception, Baker "recompose" les six Lieder d'après Heine qui, à côté de poèmes de Ludwig Rellstab et de Johan Gabriel Seidl, constituent ce dernier cycle de Schubert. Pas étonnant donc de reconnaître de temps à autre des citations de ces Heine Lieders. On sursaute plus quand ce sont les premières notes de la Sonate op. 111 de Beethoven que l'on entend à côté de moments du dernier mouvement de la deuxième symphonie de Mahler. Comme toujours chez Naxos le livret est restreint et unilingue anglais mais il est ici particulièrement bien écrit par le compositeur lui-même. C'est un disque de la série American Classics de Naxos à écouter avec plaisir et avec une attention mêlée de curiosité aux multiples citations de Messiaen, Ives, Richard Strauss ou Beethoven, parmi bien d'autres. Jean-Marie André Son 10 – Livret 9 –  Répertoire 9 – Interprétation 10

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