L’opéra français s’ouvre au comique 

par

Charles Gounod (1818-1893) ; Jacques Fromental Halévy (1799-1862) ; Léo Delibes (1836-1891) ; Ferdinand Hérold (1791-1833) ; Etienne-Nicolas Méhul (1763-1817) ; Alexandre-Charles Lecocq (1832-1918) ; Louis-Aimé Maillart (1817-1871) ; François-Adrien Boieldieu (1775-1834) ; Jacques Offenbach (1819-1880). ORF Vienna Radio Symphony Orchestra, Michael Halász. 2019. Livret en anglais et allemand. 67’01. Naxos. 8 574122. 

L'infatigable label Naxos propose un album avec un joli florilège d’ouvertures d’opéras comiques français du XIXe siècle. Ce parcours d’oeuvres, exclusivement composées à Paris, propose un cheminement intéressant des musiques de Boieldieu et Méhul qui prennent source dans le XIXe siècle à celles d’Offenbach et Lecocq, parangons de ce style, sans omettre des partitions de Hérold et Maillard, étapes intermédiaires dans l’affirmation du genre. Comme toutes les ouvertures caractéristiques de l’opéra comique, ces oeuvres reprennent des grands thèmes des opéras (dont nous tairons les intrigues souvent tartignolles des livrets) et sont composées au panache. Un rythme échevelé, un souffle narratif certain et un ton plaisant font de ces pièces des partitions attachantes. 

Naxos a confié cet enregistrement au vétéran Michael Halász, l’un des piliers indéfectibles de son catalogue pour lequel il a enregistré tant Schubert et Beethoven que Mahler et Wagner ! Bien hélas, le chef dirige dans une optique martiale et “mitteleuropa” cette sélection d’ouvertures. On peine à envisager les différences de style entre les compositeurs traités avec un égal sens dramatique très appuyé. A ce titre, l’ouverture des Dragons de Villars de Louis-Aimé Maillart sonne foncièrement militaire ! L’orchestre de la Radio de Vienne est certes appliqué mais il tonne avec une lourdeur teutonne sous cette baguette unilatérale. On aimerait tant qu’un François-Xavier Roth et Les Siècles dynamitent comme il faut ce répertoire : ils sauraient revigorer les ouvertures du Roi l’a dit de Léo Delibes ou du Mariage aux lanternes de Jacques Offenbach. 

Dès lors, ce disque est un numéro d’équilibriste entre une pertinence éditoriale certaine et une interprétation décevante qui ne sert pas ces sympathiques partitions. 

Son : 8 – Livret : 8 – Répertoire : 8 - Interprétation : 5

Pierre-Jean Tribot  

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