Passion et compassion au cœur du Klarafestival 2016

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En mars prochain, le Klarafestival présentera, sous le titre « Erbarme dich », un collage de récits universels sur la passion des hommes et leur compassion pour autrui. La musique religieuse et spirituelle offre le point de départ d’une réflexion sur le rôle de la religion, sur la spiritualité, la réconciliation, l’identité, la souffrance et -surtout- la compassion dans nos sociétés actuelles, plus polarisées à mesure qu’elles se métissent davantage. Le Klarafestival n’en est pas moins un événement festif pour autant : il célèbre l’universalité et les vertus apaisantes de la musique et se réjouit de l’apport inépuisable d’idées nouvelles et de propositions surprenantes alliant musique, cinéma et arts plastiques.

Le Klarafestival aborde le genre de la Passion sous tous les angles : œuvres anciennes et récentes, orientales et occidentales, traditionnelles et innovantes. Le programme compte trois productions très différentes : outre la version traditionnelle de la Passion selon Saint-Matthieu de J.S Bach, interprétée par le Monteverdi Choir & English Baroque Soloists sous la direction du célèbre Sir John Eliot Gardiner, deux spectacles portent un nouveau regard sur le calvaire du Christ. And You Must Suffer – St John Passion est une version mise en scène de la Passion selon Saint-Jean de Bach. Dans Water Passion, le compositeur contemporain chinois Tan Dun revisite la Passion selon Saint-Matthieu de Bach ; il en élargit le champ par l’ajout de nouveaux textes et de sonorités aquatiques, afin de souligner l’intérêt intemporel et universel pour la passion du Christ.

La crucifixion occupe une place encore plus centrale dans le Stabat Mater. Le Klarafestival proposera trois versions très distinctes, composées à des époques et dans des univers très différents : le chef-d’œuvre de Jean-Baptiste Pergolèse, ainsi que les versions moins connues de Franz Schubert et de Karol Szymanowski.
De plus, on pourra écouter des arrangements musicaux des Sept paroles de Jésus en croix : la version sobre et instrumentale de la compositrice contemporaine russe Sofia Gubaidulina, deux compositions de Joseph Haydn, ainsi que le Septem Verba de Pergolèse, avec René Jacobs à la baguette.

Comme chaque année, le Klarafestival met en avant plusieurs productions spéciales. À commencer par la création mondiale And You Must Suffer – St John Passion, exécutée par l’orchestre baroque belge B’Rock et les chœurs de la NFM (Pologne) et sobrement mise en scène par Pierre Audi dans un décor constitué de sculptures de Wim Delvoye. À noter que la musique de Bach sera suivie d’une œuvre contemporaine créée pour l’occasion par le compositeur judéo-palestinien Samir Odeh-Tamimi et mariant l’avant-garde occidentale à la tradition soufie ancestrale. Autre spectacle surprenant : la première belge de human requiem. Dans les Halles de Schaerbeek résonnera Ein Deutsches Requiem de Johannes Brahms, interprété sobrement au piano à quatre mains, tandis que des choristes évolueront parmi le public réparti librement dans l’immense espace.

Le programme comprend également des œuvres illustrant le thème « passion et compassion » de façon plus abstraite. L'Ensemble Intercontemporain interprétera Das Lied von der Erde, le dialogue intime de Gustav Mahler avec la mort. La soif d’absolu est le sujet de la Symphonie n° 3 de Mahler et de la Symphonie n° 9 d’Anton Bruckner. Le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky raconte un rite sacrificiel païen et Il primo omicidio d’Alessandro Scarlatti est une narration musicale baroque du mythe biblique du meurtre d’Abel par son frère Caïn.

La formule à succès du Yellow Lounge, qui fait entrer la musique classique dans des nightclubs, est également au rendez-vous, avec en tête d’affiche le guitariste Miloš Karadaglić, les deejays Mengel & Berg et le Brussels Philharmonic. D’autres artistes seront annoncés ultérieurement. Les jeunes enfants du groupe de chant multiculturel Shanti! Shanti! et de l’orchestre Zwap relèvent également le défi de s’inscrire dans la thématique du festival, avec un nouveau concert familial et un programme de chansons d’hier et d’aujourd’hui sur la passion, la compassion, l’espoir et la souffrance.

Le festival ne s’intéresse pas qu’à la seule musique et donne de nouveau un coup de projecteur sur d’autres expressions artistiques, telles que le théâtre musical, le cinéma et les arts plastiques. En partenariat avec l’Institut Polonais à Bruxelles les dix épisodes du célèbre Décalogue de Krzysztof Kieślowski seront projetés, avec en prime une interprétation concertante des principaux thèmes de ces films, dirigée par le compositeur Zbigniew Preisner. Et le célèbre artiste contemporain américain Bill Viola présentera durant toute la durée du festival son installation vidéo Martyrs. Cette exposition gratuite fait escale en Belgique pour la première fois à l’occasion du Klarafestival.

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