Orgue à Monaco
C'est ce soir que débute à Monaco le 14e Festival International d'Orgue articulé cette année en deux "grands week-ends" (jeudi-dimanche) en divers lieux de la Principauté autour du "foyer" que constituent naturellement la Cathédrale Notre-Dame-Immaculée et l'instrument remarquable dont elle dispose depuis 2011.
L'occasion d'un rappel historique et d'un lumineux cocorico
La cathédrale fut construite à partir de 1874 sur les restes de l’ancienne église St-Nicolas (1252) lorsque le diocèse de Monaco fut créé et elle fut consacrée en 1911.
Un premier instrument de 11 jeux y fut construit en 1887.
En 1922, cet instrument trop petit fut vendu à l’église St André des Cordeliers de Gap et remplacé par un nouveau grand orgue Charles Mutin de 50 jeux inauguré en 1922 par Emile Bourdon, son titulaire jusqu’en 1968.
Puis il resta muet jusqu’en 1973, date de l’arrivée du Chanoine Henri Carol, son nouveau titulaire qui était jusque là directeur de la maîtrise de la cathédrale (depuis 1946). Avec Pierre Cochereau, le chanoine va initier le projet de remplacer l’instrument.
En 1975 et 1976, le facteur Boisseau construit alors un grand instrument de 60 jeux de style classique français. Les fonds en bois de Mutin sont conservés tout comme le Hautbois 8’ du Récit qui provenait du Cavaillé Coll de l’église St Patern d’Orléans (1881). La transmission des claviers était mécanique et celle des jeux pneumatique.
En 1984, René Saorgin succède au Chanoine Henri Carol et, en 1988, la maison Tamburini de Crema (Italie) restaure et agrandit l’instrument et transforme la traction des jeux en électromécanique avec un combinateur électronique.
René Saorgin prend sa retraite en 2005 et passe la main à Olivier Vernet, mais l’instrument pose problème : son emplacement en renfoncement au dessus du grand portail n’est pas idéal et l’entretien est défaillant.
Le diocèse et la Principauté envisagent alors la reconstruction et la restructuration de l’orgue, et c'est à notre compatriote Dominique Thomas qu'ils confient l'ouvrage.
De 2009 à 2011, le nouveau grand-orgue de 74 jeux prend donc forme dans les ateliers de Ster Francorchamps.
La plupart du matériel sonore de Boisseau a été conservé et le Récit a été retravaillé dans le style de Cavaillé-Coll. Le buffet a été avancé de 3 mètres vers la nef et la façade moderne a reçu des fines plaques d’altuglas permettant de réaliser des jeux d’éclairages par leds tout à fait originaux. La Principauté s'en félicite car ce très important travail est largement à la hauteur des espérances de tous ceux qui s’y sont consacrés. L’orgue n’est plus étouffé comme l’ancien et sa sonorité est exceptionnelle.