Waltraud Meier tire sa révérence
Après une carrière internationale de 40 ans, la mezzo-soprano a donné à Wurzburg son dernier concert.
Waltraud Meier est née à Wurtzburg le Elle grandit dans une famille qui pratique la musique, fait partie de cinq chorales et entame des études de langues, qu'elle compte enseigner.
La passion pour le chant l'emporte et Waltraud Meier fait ses débuts à 20 ans à l'opéra de sa ville natale, dans le rôle de Lola de Cavalleria Rusticana.
Deux ans plus tard, elle intègre la troupe de l'opéra de Mannheim et, selon ses propres termes, chante « tout ce qui ne [lui] résistait pas. »
Elle fait ses débuts internationaux à Buenos Aires en 1980, dans le rôle de Fricka (L'Or du Rhin et la Walkyrie, rôle qu'elle a enregistré dans l'intégrale de L'Anneau du Nibelung dirigée par Bernard Haitink, enregistrée à Munich avec l'Orchestre Symphonique de la Radiodiffusion bavaroise (1988-1991).
Mais la célébrité viendra réellement trois ans plus tard, lorsqu'elle remporte un triomphe au Festival de Bayreuth dans le rôle de Kundry (Parsifal). Elle contacte la direction du festival, pensant être engagée pour le « Ring » dirigé par Georg Solti à partir de 1983 dans le rôle de Fricka ou de Waltraute mais elle n'est convoquée qu'un an après son premier appel. Lors de son audition, l'assistant pianiste l'incite à chanter un extrait de Parsifal. Elle dit qu'il lui est impossible de chanter le rôle de Kundry puisque Leonie Rysanek le chante pour cette production. Wolfgang Wagner lui dit alors que Kundry permet de tout montrer. C'est ainsi qu'elle débute dans ce rôle en alternance avec Leonie Rysanek, pour ensuite le chanter seule durant dix ans au Festival de Bayreuth.
En 1992, elle débute dans le rôle de Sieglinde, dans Die Walküre au Staatsoper de Vienne. L'année suivante, elle incarne Isolde dans la mise en scène d'Heiner Müller de Tristan et Isolde à Bayreuth, en compagnie de Siegfried Jerusalem dans le rôle de Tristan, sous la direction de Daniel Barenboim.
En 2010, elle aborde au Festival de Salzbourg le rôle de Clytemnestre dans Elektra de Richard Strauss.
Le monde musical la considère comme une wagnérienne de premier rang, et les scènes du monde entier l'invitent (Covent Garden, l'Opéra de Paris, l'Opéra de Nice, la Bayerische Staatsoper, le Staatsoper Unter den Linden, le Staatsoper de Vienne, le Chicago Lyric Opera, le Metropolitan Opera, la Scala, etc.)
Mis à part Kundry, Sieglinde et Isolde, qu'elle continue de chanter, sa voix puissante et ses dons d'actrice exceptionnels rendent ses Ortrud (Lohengrin), Venus (Tannhäuser) remarquables. Mais Waltraud Meier ne se limite pas à Wagner : Santuzza (Cavalleria Rusticana), le rôle-titre de Carmen, Donna Elvira du Don Giovanni, Ariadne auf Naxos, Leonore (Fidelio), Didon dans Les Troyens, Jeanne d'Arc (La Pucelle d'Orléans), Giulietta (les Contes d'Hoffmann), Marie (Wozzeck) ainsi que quelques rôles verdiens, comme Amneris (Aïda) ou Eboli (Don Carlos).
Waltraud Meier est également une grande dame du lied : elle s'y consacre d'ailleurs durant une saison lyrique entière, 2002-03 et enregistre ce répertoire intimiste, de Schubert à Schumann en passant par Hugo Wolf.