Neïma Naouri, chanteuse, "fille de"

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Elle aurait pu suivre les pas de ses parents et faire carrière à l’opéra. Elle s’est choisi une autre voix: celle du jazz et de la comédie musicale, où elle excelle.

Elle a du bleu dans les yeux et du blues dans la voix, le regard de son père, le sourire de sa mère, et ce frémissement des cordes vocales dont on ne se lasse pas. Celui qui illumine chacune de ses «mezza di voce» avec une langueur de soir d’été. Et donne à ses relectures de Michel Legrand ce mélange de fraîcheur et d’émotion qui la rend proprement irrésistible.

À 23 ans, Neïma Naouri a su trouver sa propre voix. Ne se cache pas derrière celles de ses parents. Ne les cache pas non plus. Lorsque l’on a pour paternel Laurent Naouri, l’un des barytons les plus habités par la scène, et pour mère Natalie Dessay, l’une des plus grandes sopranos coloratures des trente dernières années, qui depuis dix ans se réinvente au théâtre, on a de qui tenir. Même si l’on préfère au Paris de La Bohème celui des clubs de jazz et Broadway.

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