La parentalité dans "La femme sans ombre"

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La metteuse en scène Ulrike Schwab veut mettre en lumière le thème de la parentalité dans l'opéra de Strauss La femme sans ombre à l'Opéra de Neukölln (Berlin).

Dans cette petite salle de spectacle, on n'a jamais eu peur des grands sujets d'opéra. Nous restons en fait relativement proches de l'opéra dans la narration, bien qu'à l'Opéra de Neukölln, nous ayons la grande liberté d'inventer aussi des histoires tout à fait nouvelles, explique-t-elle. Le thème du développement de la pièce est toujours présent chez nous. Cela signifie que l'on prend des fragments de musique et que l'on crée sa propre soirée à partir des thèmes de la pièce. Mais ici, à un moment donné, j'étais déjà tellement impliquée dans cette musique, ces personnages et cette histoire énigmatique, que je revenais quand même toujours à l'original.

La première de l'opéra en trois actes sur un livret de Hugo von Hofmannsthal a eu lieu en 1919 à l'Opéra national de Vienne. Plus de trois heures de la musique la plus exigeante de Strauss. Bien sûr, nous avons beaucoup supprimé et condensé la constellation des personnages. Ce sera une sorte de pièce de chambre.
La Femme sans ombre de Neukölln sera réduite à une heure quarante : pour être précise, nous avons réduit la pièce aux personnages principaux et nous mettons au centre les portraits des relations des différents couples. Chez nous, il n'y a pas seulement deux couples, mais trois. Chez Hofmannsthal, le couple impérial et le couple de teinturiers jouent un rôle central. Il y a aussi chez nous un couple de parents, la nourrice devient la mère et le messager le père.

Il s'agit donc de modèles de famille et de rôles. Le metteur en scène vedette Tobias Kratzer, qui présentera la pièce pour la première fois en 2025 à l'Opéra allemand, veut également mettre en évidence le décalage social. Le riche couple impérial utilise le pauvre couple de teinturiers pour une sorte de maternité de substitution. Dans notre version, je me suis longtemps gardée d'affirmer une thèse fondamentale qui dominerait tout, dit Ulrike Schwab, car les thèmes autour desquels nous gravitons sont si intimes et aussi si individuels. Elle met toutefois clairement l'accent sur les relations. Nos thèmes de base sont la maternité et la parentalité : il s'agit de savoir si elles ont vraiment quelque chose à voir avec notre devenir humain ? Ou pas du tout. Je trouve passionnant de voir comment les couples ont pris leurs décisions au fil des générations et comment la question "enfants oui ou non" concerne tout le monde à un moment ou à un autre de sa vie.

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