La métamorphose de l'auditorium Ansermet

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L’auditorium Ansermet s’est mué en écrin truffé de technologies : enceintes par dizaines et logiciels derniers cri confèrent à cette salle, désormais intégrée à l'École des musiques actuelles, une acoustique prodigieuse.

C’est un espace trompeur, dont la nudité apparente cache des atouts technologiques ahurissants. En pénétrant dans ce qui fut pendant des décennies le Studio Ansermet, requalifié désormais en auditorium, on relève tout d’abord sa verticalité impressionnante, restée intacte après les travaux mais soulignée un peu plus par la couleur noire qui domine sur les murs et au plafond. On note ici et là d’autres mutations majeures et de nouveaux détails encore, relevant parfois du cosmétique.
Pour le cerner, il faut se tourner vers le responsable de la technique et de la production scénique de l'École des musiques actuelles, (EMA), Ladislav Agabekov. Une figure du paysage rock, à Genève et ailleurs. Avec sa basse entre les rangs du groupe Nostromo, mais aussi en tant que magicien réputé dans ses studios de mastérisation et de mixage, où il irrigue de son savoir-faire les productions de figures internationales.

Mais il y a bien davantage: pendues aux cintres et accrochées ailleurs, 64 enceintes enveloppent avec beaucoup de discrétion le spectateur. Ce dispositif permet une immersion auditive totale, en 3D, explique Ladislav Agabekov. Et la qualité qui en découle est d’une perfection quasi unique dans les salles suisses. Elle repose sur un logiciel révolutionnaire, En-Space. Avec lui, chaque instrument devient un objet, une entité fixe sur scène mais qu’on peut déplacer dans son rendu musical un peu partout dans le volume de la salle. Cela génère une expérience sonore bluffante pour le spectateur.

Rien de tel dans l’autre salle de concert de la structure, le Chaudron, où les équipes ont eu recours à des technologies traditionnelles. Le travail accompli ici reste spectaculaire, souligne le responsable de la technique. La salle aux parois métallique a un rendu sonore remarquable pour les musiques électrifiées, qu’il s’agisse de jazz ou de metal. L’acoustique fonctionne parfaitement, ce n’était pas un fait escompté au départ.»

Pour retrouver du flamboyant, il faut parcourir pas loin de là les salles de répétition du rez-de-chaussée. Leurs prodigieuses qualités architecturales et d’ingénierie sont doublées d’un système de câblages qui les interconnecte les unes aux autres, y compris avec l’auditorium Ansermet. Pilotés à distance par deux «control room» et leurs régies sophistiqués, ces espaces séparés peuvent à tout moment se transformer en un seul et unique studio d’enregistrement de 1000 mètres carrés. Une prouesse qui se défait des murs et des barrières existantes.

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