"A Prayer to the Dynamo", la symphonie perdue de Jóhann Jóhannsson
Rien à voir avec lees voitures à combustion : dans sa symphonie A Prayer to the Dynamo, le lauréat islandais d'un Oscar Jóhann Jóhannsson mystifie l'électricité. Et construit une cathédrale de sons électriques et concrets.
Le début de tout univers sonore était autrefois un accord de mi majeur. Il s'est élevé lentement du néant d'une fosse d'orchestre, s'est mis à couler, tout s'est mis à couler, d'abord le Rhin, puis un immense récit. C'était le cas au début de l'Anneau du Nibelung de Wagner.
Un siècle et demi plus tard, le début de tout univers sonore est un bourdonnement. Impossible à cerner harmoniquement, il gronde de manière sombre. Des surfaces de cordes s'y ajoutent, se superposent, des clarinettes scintillantes les survolent, des cors les appellent. L'espace s'élargit, une cathédrale de sons se forme. C'est à chaque fois le cas dans les quatre mouvements de A Prayer to the Dynamo, la symphonie perdue de Jóhann Jóhannsson, révolutionnaire islandais de la musique de film (et lauréat d'un Oscar).