L'OSR se donne une nouvelle vie en hologramme

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L'OSR expérimente la présence scénique virtuelle avec un concert à Palexpo. Une première mondiale à cueillir en janvier.

C'est un genre inédit, qui a pris forme en septembre denier au Théâtre de Beaulieu à Lausanne. Engloutis dans un vert pétant, leurs pieds et leurs silhouettes découpées dans une sorte de bulle de tissus criards de 700 m2, près de 80 musiciens, placés sous la direction d’Ana María Patiño-Osorio, jouaient les Tableaux d’une exposition de Moussorgski, dans la version orchestrée par Ravel.
Loin du public, en toute discrétion, l’
Orchestre de la Suisse romande ouvrait ce jour-là une autre page dans ses annales. Un tournant digital ouvert à l’expérimentation d’une nouvelle forme de diffusion.

Aujourd’hui, l’institution fondée il y a plus de 100 ans par Ernest Ansermet fait savoir, à travers un communiqué, les suites concrètes de cette aventure lausannoise. L’OSR pourra être écouté et vu d’une manière inédite, sous la forme d’un hologramme, lors d’un concert qui sera donné le 24 janvier prochain à Palexpo. L’événement -une première mondiale- s’inscrira dans le cadre de la douzième édition d’artgenève. Le public pourra alors plonger entre les pupitres, dans une Black Box spécialement conçue pour l’occasion.

Le protocole technologiquene constitue pas, à vrai dire, une nouveauté. On ne fera pas l’inventaire de ces artistes qu’on a pu retrouver sur scène sous la forme plus ou moins aboutie d’une projection digitale. La nouveauté ici, est ailleurs: dans les dimensions opulentes de l’opération, tout d’abord. L’entreprise établie à Morges, Cybel’Art, qui a mené à bien l’enregistrement, a capté les mouvements de chaque musicien pour transposer ensuite leurs images dans une dimension virtuelle. Cela a nécessité un dispositif technique conséquent.

Pour parvenir à un résultat concluant, il a fallu faire appel à 70 micros, positionnés à des hauteurs différentes autour des pupitres. Sur le front des images, on est à l’avenant, avec un résultat qui s’annonce tout aussi enveloppant, grâce à l’utilisation de caméras 360 degrés. Par-delà l’événement de Palexpo, les contenus de la captation sont d’ores et déjà au cœur d’un projet de diffusion bien plus étendu. Cet autre volet se déclinera grâce à icologram, logiciel inventé par Cybel’Art qui permettra de décliner ce concert dans une finalité pédagogique. À terme, le site de l’OSR donnera ainsi accès à une immersion visuelle et sonore dans l’orchestre et placera le visiteur au plus près des musiciens. Une expérience interactive qu’aucune autre formation au monde n’a développée à ce jour. Les initiateurs de cette exploration envisagent enfin la conception d’une application spéciale qui rapprocherait, à l’aide d’un casque de réalité virtuelle, tous les publics à la musique classique.

L’OSR fait ainsi un nouveau bond vers l’avenir, après celui accompli en 1954. À l’époque, Ernest Ansermet et ses protégés enregistraient les premiers albums symphoniques en stéréophonie pour le compte du label Decca.

(La Tribube de Genève)

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