"1er concerto pour piano op. 15 en ré mineur" de Johannes Brahms, 165 ans

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Le concerto pour piano no 1 en ré mineurop. 15, de Johannes Brahms est l'un des deux concertos pour piano du compositeur allemand. Il est constitué de trois mouvements qui requièrent une cinquantaine de minutes d'exécution, ce qui en fait l'un des concertos les plus longs jamais écrits.

Après une longue gestation, cette œuvre de jeunesse de Brahms fut jouée le  à Hanovre par le compositeur au piano. Ce fut un succès mitigé, les critiques saluant plus les qualités pianistiques de Brahms que sa musique, jugée « incompréhensible ». Rejoué cinq jours plus tard à Leipzig, le concerto fut alors copieusement sifflé. Il fallut vingt ans à Brahms pour qu'il se remette à composer un nouveau concerto pour le piano, celui connu de nos jours sous le no 2.

Brahms a 20 ans lorsqu'il fait en  la connaissance de Robert Schumann qui s'intéresse au jeune compositeur et devient son mentor. Il l'engage à se tourner vers des compositions symphoniques. C'est après la tentative de suicide de son nouvel ami que Brahms entreprend pendant l'été 1854 les esquisses de l'œuvre. Peu familiarisé avec l'orchestre, Brahms note d'abord la partition pour deux pianos. Il est encouragé par ses amis le violoniste Joseph Joachim et le maître de chœur Julius Grimm qui lui donne quelques conseils d'orchestration. Mais au moment d'instrumenter, la nécessité de la présence du piano s'impose et Brahms transforme son projet de symphonie en concerto. Le mouvement de marche funèbre est abandonné et sera réutilisé dans le Requiem allemand. Le troisième mouvement, un rondo, ne trouve sa forme définitive qu'en 1858.

La première audition privée de l'œuvre a lieu à Hanovre le . La première exécution publique est donnée dans la même ville le  avec le compositeur au clavier et Joachim au pupitre du chef. La réaction du public est réservée. Le  la seconde audition, au Gewandhaus de Leipzig, est copieusement sifflée, un éclatant et incontestable fiasco selon les termes mêmes de l'auteur.

En fait le public et la plupart des critiques furent déconcertés par le traitement du piano qui n'assume pas la partie concertante au sens classique du terme et se retrouve le plus souvent en fusion avec l'orchestre. Certains considèrent l'œuvre comme une symphonie avec piano obligé.

Quelques années plus tard, Clara Schumann reprit l'œuvre devant le même public de Leipzig, avec succès cette fois. Brahms fit une transcription de son concerto pour piano à quatre mains.

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