A Düsseldorf, une exposition "entartete musik"

par

"Quand les nazis condamnaient la 'musique dégénérée'"
Après les autodafés en 1933 et l’exposition « d’art dégénéré » en 1937 à Munich, c’est à la musique que le régime nazi appliqua sa logique de mise à l’index de ce qui ne répondait pas aux canons de l’art officiel. Jusqu’au 23 janvier, à la Tonhalle de Düsseldorf, une exposition documentaire revient sur ces heures sombres pour la musique en Allemagne.
C’est, en effet, à Düsseldorf que les nazis organisèrent, en mai 1938, une exposition sur la « musique dégénérée ». Elle se tenait en parallèle du festival de musique du Reich. Et elle dénonçait tout ce qui ne sonnait pas « allemand » aux oreilles du régime : le jazz, la musique atonale, la musique tzigane, les compositeurs « modernistes » et les œuvres de compositeurs juifs ou d’origine juive. Exit Félix Mendelssohn, Gustav Mahler, Arnold Schoenberg, Hanns Eisler ou Alban Berg…
En ouverture, Joseph Goebbels, ministre de la propagande du Reich, prononça même un discours de politique musicale. Dans ce texte idéologique, il rappelait ce qui avait été censuré depuis 1933 pour préserver ce que les nazis considéraient comme la « pureté » de la musique allemande.
L’exposition actuelle est une reconstitution commentée de l’exposition originale de 1938. Elle s’intitule « Das verdächtige Saxophon - Entartete Musik im NS-Staat » (litt. Le Saxophone suspect, Musique dégénérée dans l’État nazi).
L’initiative de sa création remonte à 1988, date du cinquantenaire de l’exposition de 1938. Une nouvelle version vit le jour en 2008, commandée par l’Orchestre philharmonique de Berlin et la Tonhalle de Düsseldorf. Elle est à nouveau présentée aujourd’hui à l’occasion du 150e anniversaire de l’Orchestre symphonique de Düsseldorf.

Les commentaires sont clos.