Fête vocale à Metz avec Albert Recasens et La Grande Chapelle
Ce 14 février dernier, l’ensemble La Grande Chapelle dirigée par Albert Recasens joua une Messe en l’honneur de la Sainte Vierge de Tomás Luis de Victoria. Comme Monteverdi et Roland de Lassus, qui, comme lui, ont composé des œuvres liturgiques dont des Salve Regina, comme celui de samedi, Tomás Luis de Victoria rédigea une musique de bure, fille du silence. Elle semble lui donner une conque autant pour le protéger que pour le faire entrer dans son intimité. La musique ici ne fait pas d’éclat, elle luit comme une bougie solitaire dans une église.
L’ensemble lui-même n’est pas très important, ce qui convient parfaitement à la grande salle de l’Arsenal de Metz, dont l’acoustique n’est jamais aussi belle qu’affamée. L’atmosphère du concert était donc intime, et exigeait une écoute patiente, recluse et humble de la part des spectateurs. Il fallait donc tenir l’heure et quart de lignes de chant pures, ne descendant jamais trop dans les graves ni de montant trop haut dans les aigus., avec des harmonies tenant du miracle grâce à des mélodies souples. En fermant les yeux, on se serait cru dans un paysage de neige. Les chanteurs et les instrumentistes retransmettaient ainsi une atmosphère intime, un sentiment frêle mais indéniable. la foi.
Les instrumentistes – du théorbe de Sergio Bermudez Bullido, à l’orgue de Jorge Lopez-Escribano, semblaient protéger cette atmosphère intime, comme une paume creusée. Mais c’était surtout les voix des sopranos de Irene Mas Salom, Raquel Mendes et de Axelle Bernage, dont les tessitures vibraient comme des flammes de bougies, tandis que les voix des contre ténors David Sagastume et Joao Moreira, du ténor Joan Francesc Folqué et du baryton Hugo Oliveira et de la basse Renaud Delaigue, leur donnaient leurs assises.
La musique n’est pas que feu, elle sait aussi être profonde, intime et pure, comme durant ce concert à l’Arsenal.
Metz, Arsenal, 14 février à l’Arsenal de Metz
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