Disparition du pianiste et chef d'orchestre Jean-Bernard Pommier

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Le pianiste et chef d'orchestre français Jean-Bernard Pommier s'est éteint le jeudi 23 avril 2026 près de Béziers, sa ville natale, des suites d'une longue maladie. Il aurait eu 82 ans le 17 août prochain.

Né en 1944 dans une famille où la musique tenait une place centrale — son père était organiste —, Jean-Bernard Pommier touche au clavier dès l'âge de quatre ans auprès de Mina Kosloff et donne son premier concert public à sept ans. Formé en privé par Yves Nat, il intègre ensuite la classe de Pierre Sancan au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, et étudie la direction d'orchestre auprès d'Eugène Bigot, avant de se perfectionner plus tard auprès d'Eugène Istomin.

La consécration internationale arrive très tôt : premier prix au Concours international des jeunes musiciens de Berlin, puis, à dix-sept ans seulement, plus jeune finaliste de l'édition 1962 du Concours Tchaïkovski de Moscou, où le jury présidé par Emil Gilels lui décerne un Premier Diplôme d'Honneur assorti des félicitations.

Une carrière de soliste fulgurante s'ouvre alors. Jean-Bernard Pommier se produit sur les grandes scènes européennes, américaines et asiatiques, dans un répertoire courant de Bach et Mozart à Bartók, avec Beethoven pour fil rouge. Il croise la route des plus grands chefs de son temps — Herbert von Karajan, Bernard Haitink, Pierre Boulez, Riccardo Muti, Kurt Sanderling, Zubin Mehta, Charles Dutoit, Simon Rattle, Armin Jordan — et grave avec Daniel Barenboim et l'Orchestre de Paris une intégrale des concertos de Beethoven qui demeure l'un des jalons de sa discographie. La musique de chambre tient également une place essentielle dans son parcours, aux côtés d'Isaac Stern, Itzhak Perlman, David Oïstrakh, Pinchas Zukerman, Christian Ferras, Paul Tortelier, Jean-Pierre Rampal, ou encore des Quatuors Guarneri et Vermeer. On lui doit également, en 1972, l'enregistrement de la Sonate pour deux pianistes de Claude Bolling avec le compositeur lui-même.

Parallèlement, Jean-Bernard Pommier mène depuis les années 1980 une carrière active de chef d'orchestre. Il est nommé directeur artistique de la Northern Sinfonia of England, puis de l'Orchestra Filarmonica di Torino, et dirige la Philharmonie tchèque, le Philharmonia de Londres, le Royal Philharmonic, le Rotterdam Philharmonic, le San Francisco Symphony, le Tonhalle-Orchester de Zurich, l'Orchestre de la Suisse Romande, ou encore les principales formations françaises (Orchestre national de France, Orchestre philharmonique de Radio France, Capitole de Toulouse, Bordeaux-Aquitaine). De 2006 à 2008, il prend la tête artistique du Festival de Menton. À partir de 2015, il s'installe en résidence auprès de l'Orchestre national de Sofia.

Sa discographie, principalement publiée chez Erato puis Warner, conserve quelques sommets : les concertos pour piano n° 25 et n° 26 de Mozart avec le Philharmonia, l'intégrale des trente-deux sonates de Beethoven (10 CD, parue chez Warner en 2006), et un Debussy raffiné gravé pour Virgin Classics en 2009. Les mélomanes belges se souviennent par ailleurs de son intégrale Beethoven donnée à Bruxelles en 2013, étape d'un cycle débuté à Londres et Saint-Émilion en 2008-2009 et qu'il poursuivra à Paris en 2015.

Officier de l'Ordre national du Mérite et chevalier de la Légion d'Honneur, Jean-Bernard Pommier laisse l'image d'un musicien accompli, fidèle à son Béziers natal qu'il n'a cessé de retrouver tout au long de sa carrière.

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