Bruckner testamentaire par Stanisław Skrowaczewski

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Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n°8 en ut mineur. Yomiuri Nippon Symphony Orchestra, direction : Stanisław Skrowaczewski. Live 2016. Livret en : anglais, français et allemand. 83’13’’. MDG 650-2307-2.

Encore une merveille sous la direction de Stanisław Skrowaczewski (1923-2017) dont nous avons parlé récemment à plusieurs reprises, MDG, sous licence des japonais de DENON, commercialise un live de la Symphonie n°8 de Bruckner sous la direction du grand chef , toujours dans la version de 1980 de l'édition Leopold Nowak (1955) à laquelle le chef est resté fidèle au long de sa grande carrière.

Auteur d’une intégrale majeure (Oehms), le musicien était acclamé pour ses interprétations de Bruckner. En janvier 2016, il est au pupitre du Yomiuri Nippon Symphony Orchestra, dont il fut le chef entre 2007 et 2010 et dont il resta proche.  A l'âge de 93 ans, doyen des chefs en activité, il remet sur le métier la plus longue des symphonies du compositeur autrichien. Pour les collectionneurs forcenés et les archivistes émérites, signalons que ce n’est pas sa dernière lecture de la partition : le maestro la reprend quelques semaines plus tard avec le RSO Berlin pour un concert à la Philharmonie de Berlin (interprétation commercialisée par le label japonais Magistrale).   

Ce Bruckner est lent, mais la lenteur soutient une tension basée sur une forme d’épure des masses. Il faut noter une fabuleuse lisibilité des phrasés et de l’orchestration. Ces qualités reposent sur la plastique de la phalange nippone : il n’y a certes pas le galbe des orchestres du Vieux monde, mais la sonorité d’ensemble est homogène est aérée. La lisibilité est merveilleuse dans le mouvement lent avec une précision et une concentration assez magistrale des pupitres, les dernières mesures soutenues par un tapis de cordes aux infinies nuances est un très grand moment générant une émotion à la fois profonde et simple et on aimerait que ce vaste mouvement ne s’arrête jamais tant la beauté est suggestive.  Le métier du chef lui permet de gérer les gradations avec une sorte de douceur nostalgique, thèmes et accords s’imbriquent comme rarement avec un sentiment d’une évidence absolue. 

Bien évidemment, la discographie est bardée de références, mais ce live stratosphérique pourra trouver une place dans les étagères des fans du compositeur. 

Son : 9 – Livret : 9 – Répertoire : 10 – Interprétation : 10

Pierre-Jean Tribot

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