Du grand Beethoven par Leif Ove Andsnes

par 21 dating 26

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Sonate pour piano n 11 en sib majeur op.22, Sonate pour piano n 28 en ré majeur op. 101, 6 variations über ein eigenes Thema op. 34, Sonate pour piano n 23 en fa mineur op 57, « Appassionata »

C'est une grande soirée consacrée à Beethoven que nous a offerte le pianiste norvégien Leif Ove Andsnes. On le savait grand spécialiste du compositeur de Bonn et il n'a pas failli à sa réputation à travers un répertoire intelligent, bien choisi avec des pages moins jouées aux côtés de la monumentale Appassionata. Son programme a couvert l'ensemble des trois périodes créatrices du géant compositeur comme nous avons l'habitude de découper son oeuvre.
Dès la sonate en sib majeur de conception toujours très classique, Andsnes a imposé un jeu solide, brillant et une stature beethovenienne du style le plus juste. Le son est rond et intense dans l'adagio con molta espressione où il multiplie les ambiances aux couleurs différentes avec virtuosité dans le touché. La sonate en ré majeur est exécutée avec clarté, la gestion polyphonique est sans faille et fluide. On est soufflé par le déploiement de la fugue du dernier mouvement dans des sonorités extrêmes où chaque note a une signification. Excellente idée de nous servir l'op. 34 avant d'attaquer le monstre sacré qu'est l'Appassionata. Chaque variation de cet opus est caractérisée par des tempi et des tonalités différentes. En ce sens, Beethoven ouvre encore la voie aux compositeurs romantiques. Le public est impatient d'entendre l'op. 57, et il ne sera pas déçu. Sa lecture est passionnante. Andsnes fait partie de ces rares artistes qui vous donnent l'impression d'entendre une oeuvre pour la première fois et vous font redécouvrir des pages jouées maintes fois sous un nouveau jour. Tout y est, justesse de l'expression, éclats techniques, sonorités amples et jamais dures. Il est engagé et précis et propose des sonorités extrêmes allant de l'à peine audible aux triple forte. Les plans sonores sont gérés de manière parfaite à tel point qu'on pense entendre deux pianistes!
La salle Henry Le Boeuf lui réserve une standing ovation ! L'esprit de Beethoven a soufflé au Palais des Beaux Arts ce samedi ...
Michel Lambert
Bruxelles, Bozar, le 15 février 2014

Les commentaires sont clos.