Jacques Arcadelt, 455 ans

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Le chanteur et un compositeur de l’école franco-flamande Jacques Arcadelt [Jacobus, Jacob, Archadelt, Arcadet] est né le  à Namur, et décédé le  à Paris). Il fut actif à Florence, Rome et Paris. Sa riche production touche toutes les formes de musique en usage à son époque, en particulier le madrigal et la chanson.

Bien qu'il ait également écrit de la musique vocale sacrée, il fut l'un des premiers compositeurs de madrigaux ; son premier livre de madrigaux, publié moins d'une décennie après l'apparition des premiers exemples de la forme, était la collection de madrigaux la plus largement imprimée de toute l'époque.

En plus de son travail en tant que madrigaliste, et le distinguant des autres premiers compositeurs éminents de madrigaux -Philippe Verdelot et Costanzo Festa- il était tout aussi prolifique et adepte de la composition de chansons, particulièrement à la fin de sa carrière lorsqu'il vivait à Paris.

Arcadelt était le membre le plus influent de la première phase de la composition madrigale, la phase « classique » ; c'est grâce aux publications d'Arcadelt, plus que celles de tout autre compositeur, que le madrigal s'est fait connaître hors d'Italie. Les compositeurs ultérieurs considéraient le style d'Arcadelt comme représentant un idéal ; des réimpressions ultérieures de son premier livre de madrigaux ont souvent été utilisées pour l'enseignement, les réimpressions apparaissant plus d'un siècle après sa publication originale.

Jacques Arcadelt est fils de Gérard Fayl dele Arche d’Elte, un maître de forge et fabricant d’armes à Haltinne, un peu à l’est de Namur.

En 1515, il apparaît parmi les enfants de chœur instruits par Alexandre de Clèves, maître de musique de la collégiale Saint-Pierre-au-Château parmi lesquels se trouve également Pierre Certon. Cette même année il est récompensé avec d’autres chanteurs pour deux manifestations organisées par la ville.

On trouve encore sa trace -toujours sous le nom de Jacobus de Arca d’Elta- de 1516 à 1519, en tant qu'enfant de chœur, au sein de la maîtrise de la collégiale Saint-Aubain, sous la direction du maître de musique Lambert Masson puis, de 1519 à 1524, chez le maître Charles de Nicquet, maître de la grande école, et repéré encore en , lors de festivités offertes pour célébrer une victoire militaire. Peut-être a-t-il profité des relations internationales de son père, qui traitait avec des acheteurs d’armes ; peut-être a-t-il été repéré et emmené par un noble ou un notable qui souhaitait s’attacher ses services ; toujours est-il qu’il part en Italie peu après ses 19 ans.

Les premières compositions qu’on possède de sa main montrent qu’il a dû être en Italie dès la fin des années 1520 ; sa présence à Florence est d’ailleurs attestée dès 1534 comme compositeur de madrigaux et en 1535 quand il se trouve au service du Duc Alexandre de Médicis. Il semble avoir été aussi attaché à Roberto Pucci, un proche des Médicis qui alternait des séjours à Rome et à Florence et qui s’établit à Rome après avoir été fait cardinal en 1537.

C’est dans les années 1530 qu’Arcadelt écrivit une quantité considérable de madrigaux ; il est considéré en cela comme un continuateur de Philippe Verdelot, un des premiers créateurs de cette forme. Son style s’imprègne clairement de la manière de Verdelot, et murit rapidement jusqu’à lui procurer une célébrité considérable.

Après l’assassinat du Duc Alexandre en 1537, Arcadelt se déplace à Rome. Sa présence y est attestée en 1538 par une composition faite pour les noces de Marguerite d’Autriche (veuve du duc Alexandre) et d’Octave Farnèse. On suppose qu’il est le Jacobus flandrus qui est admis à la Cappella Giulia en 1539. Il est en tout cas admis fin 1540 à la Chapelle Sixtine comme maître des enfants (probablement protégé par le Pape Paul III, un Farnèse). Il reste à ce poste jusqu’à l’été 1551, date à laquelle il repart en France (avec toutefois un voyage en France en 1547).

Entre 1538 et 1544, l’imprimeur vénitien Antonio Gardano édite cinq livres de ses madrigaux, qui connaissent un succès considérable, et sont souvent réédités.

La mort de Paul III en 1549 fut peut-être l’occasion pour Arcadelt de rechercher un nouvel emploi. Revenu en France, il entre vers 1552 comme maître de chapelle auprès du Cardinal Charles de Lorraine, un membre influent de la Cour de France. Le titre fait d'abord référence à sa qualité de musicien du roi : il est chantre de la Chambre du roi entre 15561 et 1560, aux gages annuels de 200 lt (livres tournois). À ce titre, il a été récompensé par des canonicats (des prébendes canoniales y étaient également attachées).

Durant cette période, nombre de ses œuvres paraissent chez les imprimeurs Adrian Le Roy et Robert Ballard : des airs et des chansons essentiellement mais aussi des messes, des Lamentations et un Magnificat.

Arcadelt meurt le , probablement à Paris. Il est alors remplacé par Jean Durantel à son poste de chantre ordinaire de la Chambre.

Jacques Arcadelt laisse 250 œuvres. Ses œuvres complètes ont été éditées par Albert Seay : Jacobus Arcadelt : Opera omnia ; Corpus Mensurabili Musisae, xxxi, vol. 1–10 (1965–71).

Le plus récent enregistrement d'oeuvres de Jacques Arcadelt : Madrigali - Chansons - Motetti. Capella Mediterranea, Doulce Mémoire, Chœur de Chambre de Namur. 3 CD Ricercar RIC 392, 2018.

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