Décès brutal du baryton Alejandro Meerapfel à Ambronay

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Alors qu'il était en scène hier soir à Ambronay, avec la Capella Mediterranea et le Choeur de Chambre de Namur sous la direction de Leonardo Garcia Alarcón, où il tenait le rôle de Dieu le père dans l’oratorio l Dono della Vita eterna d’Antonio Draghi, le baryton argentin Alejandro Meerapfel s'est effondré, victime d’un malaise cardiaque.
Malgré l'intervention des services médicaux, il n'a pas pu être ranimé.
Le concert a évidemment été interrompu et le public évacué.

Aujourd'hui, sur les réseaux sociaux, Leonardo Garcia Alarcón lui rend hommage.
"J’ai connu Alejandro Meerapfel en Patagonie quand j’avais 16 ans. Il chantait dans un chœur la voix de basse d’une messe baroque latino-américaine appelée « Misa Encarnacion ». Quand j’ai entendu cette voix, je me suis tourné et je lui ai demandé son nom. À 17 ans quand j’ai dirigé mon premier concert dans ma ville natale à La Plata je l’ai bien sûr invité. On a fait la cantate 131 « Aus der Tiefe » de Bach. Il a laissé une marque tellement grande que les gens s’en souviennent encore.

Quand je suis arrivé en Europe, je voulais que cette amitié et ce musicien puissent aussi venir avec moi. Au festival d’Ambronay, j’ai dirigé en 2009 « Judas Maccabæus » de Haendel où Alejandro a chanté. Plus tard, en 2011, on a enregistré le « Nabucco » de Falvetti, mais aussi les Cantates de Bach (notamment la 201) où il jouait le rôle de Pan. Dans « El Prometeo » de Draghi à l’Opéra de Dijon, il incarnait Jupiter, sans oublier notre dernier enregistrement de « La Finta Pazza » de Sacrati et une infinité d’autres concerts de musique sacrée.

Hier soir, il était en train de chanter le rôle de "Dio Padre" dans l’oratorio de « Le Don de la vie éternelle » de Draghi à Ambronay, notre maison. Il m’avait dit le jour même qu’il ne pourrait pas remercier assez la vie d’être en train de chanter une musique aussi belle.

C’est cela que je vais retenir de lui.

Son sourire et ses mots avant les concerts de hier soir.

Alejandro était un ange sur la terre, un ange aimé de tous, pas seulement par une gentillesse sans limite, sinon par une forme de tendresse qui embrassait chaque personne qui croisait son chemin.

Il m’a aussi dit hier à la fin de la répétition « Leo, tu ne m’as rien corrigé... » Je lui ai répondu : « Mais c’est parce que j’adore ce que tu fais, c’était magnifique. » Et j’ai juste ajouté « Vas chercher avec ton esprit les pierres de ce lieu ».

J’embrasse à mon tour sa femme Eliana et ses deux enfants qui sont aussi notre famille.

Dès aujourd’hui on fera honneur à Alejandro, comme homme, parce qu’il était un exemple pour nous tous, et comme musicien avec une voix inoubliable par la noblesse de son timbre et la profondeur de l’artiste. La tristesse est immense. Et aucun mot ne pourra exprimer ce qu’on a ressenti hier soir au moment de son départ vers un autre monde.

Tu vas nous accompagner pour toujours.

Te amo, amigo mío, por siempre."

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