El Sistema en concert à Genève
Issu du programme social «El Sistema», l’Orchestre symphonique national des enfants du Venezuela a joué au Victoria Hall. Petit rappel :
Il y a près d’un demi-siècle, l’économiste et musicien José Antonio Abreu eut une intuition qui allait marquer les annales de la musique classique. Il imagina, à l’époque, un programme à la fois pédagogique et social, nommé El Sistema, qui allait permettre dans son pays, le Venezuela, d’initier les couches les plus défavorisées de la société à la pratique musicale.
Grâce à un modèle d’apprentissage astucieux, basé essentiellement sur le coaching entre pairs et sur la transmission des savoirs par imitation, une vague de jeunes a fini par rejoindre des orchestres disséminés dans le territoire national. On estime à 900 000 le nombre de "pratiquants" impliqués depuis le lancement du programme, et à 1500 les orchestres fondés sur ces principes.
Adoubé et accompagné par de grands chefs d’orchestre -Claudio Abbado en fut un ardent défenseur- El Sistema a essaimé partout dans le monde, y compris sous nos latitudes. Le Conservatoire de Genève, notamment, en a adopté les principes en proposant le prêt d’instruments aux jeunes musiciens.
C’est aussi à Genève qu'on a pu toucher de près aux retombées concrètes de cette action. Comment? En assistant au concert de l’Orchestre symphonique national des enfants du Venezuela.
L’affiche alignait des pièces disparates : du contemporain au langage toutefois accessible, avec Short ride in a fast machine de l’Américain John Adams. Un choix de chorales aussi, et des pièces de compositeurs latino-américains peu joués ici : Danzón No. 8 du Mexicain Arturo Márquez et Fuga con Pajarillo du Vénézuélien Aldemaro Romero. La suite a pris des airs plus familiers: Saint-Saëns, Wagner et Tchaïkovski complèteront cette soirée aux saveurs particulières.