La Femme de Tchaïkovski

par

Le film "La Femme de Tchaïkovski", du dissident russe Kirill Serebrennikov, va sortir en salles.
Pour rappel, Serebrennikov a été arrêté à son domicile en 2017, rejoignant dans une critique commune du gouvernement russe des noms aussi disparates que ceux de Gidon Kremer et Teodor Currentzis. Depuis, le metteur en scène a monté plusieurs productions dans de grands opéras européens, notamment Le Nez à l'Opéra de Munich, Le Braconnier à l'Opéra National d'Amsterdam et Nabucco à Hambourg en 2019, alors qu'il est toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt en Russie.

Dans La Femme de Tchaïkovski, une coproduction russe, française et suisse de deux heures et vingt minutes, Serebrennikov propose sa vision d'Antonina Miliukova, une jeune femme mariée au compositeur.
Selon le Festival de Barcelone où il est en lice pour le Prix du public, Kirill Serebrennikov, de par sa position dissidente, aborde le tabou de l'homosexualité de l'un des mythes intouchables de la culture russe, Pyotr Tchaïkovski, à travers l'histoire de son épouse malheureuse, Antonina Ivanovna Miliukova.
Le réalisateur construit un mélodrame d'époque d'une intensité torrentielle, avec des plans-séquences majestueux et ses fugues surréalistes caractéristiques, autour d'un amour non partagé : celui de cette épouse de convenance qui passe de la dévotion à son mari au ressentiment de celle qui finit par être injustement accaparée par l'un des plus grands génies musicaux de l'histoire.

Les commentaires sont clos.