L'autre Scala
La Scala de Paris va renaître le 11 septembre 2018, après une vingtaine d'années de fermeture. Frédérc Biessy, son directeur général, est tombé amoureux du 13 boulevard de Strasbourg (10e arrondissement).
Consacré à toutes les disciplines, des arts plastiques à la musique contemporaine, le théâtre sera doté de 220 panneaux acoustiques variables, un gradin rétractable et une jauge modulable de 550 places pouvant aller jusqu'à 750. L'architecture d'intérieur est signée Richard Peduzzi, collaborateur fétiche de Patrice Chéreau, et l'acoustique de Philippe Manoury. Rodolphe Bruneau-Boulmier, compositeur et producteur, partie de l’équipe en tant que conseiller musique.
Rien à voir avec la Scala de Milan.
Fondé en 1873 par une veuve fortunée, il fut d’abord un music-hall avant de connaître plusieurs vies. Ce qui est prodigieux dans l'histoire de ce lieu, c'est qu'à chaque fois, quelqu'un a détruit intégralement ce qu'il y avait avant et inventé quelque chose qui était à la pointe de l'innovation, explique Frédéric Biessy.
A la fin du 19e siècle, c'était le lieu où il fallait passer si on voulait être consacré super vedette, explique Olivier Schmitt, conseiller artistique du projet. Mistinguett, Mayol, Fréhel ou Yvette Guilbert s'y sont produits.
Avec la Première Guerre Mondiale vint la première vague des destructions et reconversions de théâtres parisiens et la Scala devient en 1915 un théâtre de boulevard où sont repris tous les succès de Feydeau, poursuit-il.
Avec l'apparition du cinéma parlant dans les années 30, le théâtre se reconvertit et diffuse des films français et américains en exclusivité.
Dans les années '70, quand le cœur économique de Paris s'est déplacé et que le quartier d'affaires a périclité, la Scala devient le premier multiplexe pornographique avec cinq salles, 800 fauteuils, attirant dès lors prostitution et drogue.
En 1999, la plus grande église baptiste brésilienne, l'Eglise universelle du royaume de Dieu l'achète mais jette l'éponge quand la Scala est finalement classée lieu de culture.
Fermé jusqu'en 2016, il est alors racheté par Frédéric et Mélanie Biessy (à la tête d'un fonds d'investissement lucratif de 3,8 millions d'euros) qui se lance dans l'aventure.
Le metteur en scène Thomas Jolly, Le Balcon, Bertrand Chamayou, Les Cris de Paris, Robert Negro et Emile Parisien, le jongleur et acrobate Yoann Bourgeois la dramaturge Yasmina Reza figurent parmi les artistes au rendez-vous pour cette première saison qui débutera le 11 septembre 2018.