Le premier opéra de Bernard Foccroulle en ouverture de saison à La Monnaie

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Pour inaugurer la saison 2023-24, La Monnaie présente une œuvre engagée, sur un thème
sociétal qui nous concerne tous : Cassandra, le premier opéra du compositeur belge Bernard Foccroulle qui met en parallèle la figure mythologique de Cassandre et le personnage de Sandra, une jeune activiste se battant pour la protection de l’environnement.
Le chef Kazushi Ono et la metteuse en scène Marie-Eve Signeyrole donneront vie à ce
projet aussi ambitieux qu’actuel.

Commande de la Monnaie à son ancien directeur, Cassandra est un opéra sur l’inaction collective, face à une catastrophe pourtant annoncée. Le passé et le présent s’y font les miroirs l’un de l’autre, confrontant l’espoir du changement au désespoir provoqué par l’inertie de la société, malgré la mise en garde de la jeunesse.

Après avoir composé plusieurs œuvres vocales -dont Am Rande der Nacht et Zauberland,
Bernard Foccroulle s’est mis en quête d’un sujet pour son premier opéra. Il a choisi pour
librettiste Matthew Jocelyn, qu’il a invité à plusieurs reprises en qualité de metteur en scène à Bruxelles, lorsqu’il était à la tête de La Monnaie.
Dans le livret, écrit en anglais, des personnages d’aujourd’hui dialoguent avec des voix
venues de la mythologie antique qui nous mettent en garde contre l’effondrement de la
civilisation.
Le personnage de Cassandre, tel qu’il existe dans l’Iliade d’Homère et l’Orestie d’Eschyle,
est la fille du roi de Troie, Priam, et de son épouse Hécube. La beauté de Cassandre attire
l’attention du dieu Apollon qui, pour la séduire, lui accorde le don de prédire l’avenir. Mais
quand la jeune fille se refuse à lui, il la punit : elle continuera à voir l’avenir, mais personne
ne croira ses prophéties. Ainsi, quand elle annonce la destruction inévitable de Troie aux
mains des envahisseurs grecs, ses avertissements ne sont pas pris au sérieux et elle assiste,
impuissante, à la réalisation de sa prédiction.
La notion de catastrophe climatique imminente est au cœur du travail de Sandra, la
protagoniste de l’opéra. Doctorante en climatologie, elle étudie la préoccupante fonte des
calottes glaciaires. Quand elle prend conscience que ses recherches scientifiques n’ont pas
un pouvoir de persuasion suffisant, elle décide de partager ses connaissances d’une façon
surprenante : transformée en comédienne de stand-up, elle invite son public à réfléchir à la crise climatique et à la nécessité de changer les mentalités. Mais pouvons-nous rire de la fin du monde, tel que le fait « Sandra the climate fool » ? Est-elle la Cassandre d’aujourd’hui ? Les jeunes activistes peuvent-ils se reconnaître en elle ?

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