Maurice André aurait 90 ans

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Le trompettiste français classique Maurice André est né le  à Alès et mort le  à Bayonne.

Il a été professeur de trompette au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où il a introduit l'enseignement de la trompette piccolo notamment pour le répertoire baroque. Inspirateur de nombreuses innovations de l'instrument, sa grande maîtrise technique et son profond sens artistique ont contribué pendant cinquante ans à populariser la trompette dans le monde entier.

Maurice André a joué et enregistré les grands concertos du répertoire avec les plus illustres chefs d'orchestre de son époque.

Maurice André est issu d'une famille de mineurs. En 1944, il commence par apprendre le solfège durant deux années avant même de pouvoir toucher à son premier cornet, cadeau de prix, pour un père d'origine modeste. Il descend à la mine de quatorze à dix-huit ans, tout en commençant à étudier la trompette, avec comme premier professeur son père, Marcel-Jean André, grand amoureux de musique classique. Son frère Raymond est également trompettiste et ils feront quelques concerts et enregistrements ensemble notamment le Concerto pour deux trompettes de Vivaldi.

Ensuite, c'est Léon Barthélémy, secrétaire-comptable aux abattoirs d'Alès et ancien élève de trompette de Merri Franquin, qui dirigera le jeune Maurice André dans ses premières études musicales.

Au Conservatoire de Paris, où il entre en 1951 après s'être engagé comme trompettiste dans le 8e régiment de transmissions, il est l’élève de Raymond Sabarich et obtient un Premier Prix d'honneur de cornet en 1952 et un Premier Prix de trompette l'année suivante (le ). Il entre dans l'Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire aux côtés de Louis Menardi. Rapidement, il s’impose comme la figure marquante d’une génération de trompettistes français : il est trompette solo aux concerts de l'Orchestre Lamoureux (1953-1960), à l'Orchestre Philharmonique de l'ORTF (1953-63) et à l'Opéra-Comique (1962-67).

À l'automne 1953, il enregistre chez Erato son premier disque avec l'Orchestre Jean-François Paillard où figurent des compositeurs italiens.
Il joue également au cirque Medrano, au théâtre Mogador et réalise en même temps quelques enregistrements studio avec, notamment, Henri Salvador et Charles Trenet (trompette bouchée dans la chanson Nationale 7 en 1955).

En 1955, il obtient le Premier Prix du Concours international d'exécution musicale de Genève. Il joue en soliste et sa carrière prend un essor international après le Premier Prix qu’il remporte au Concours international de musique de l'ARD à Munich en 1963. On l'avait d'abord sollicité pour faire partie du jury mais il a préféré participer en tant que candidat, n'ayant jamais tenté ce concours auparavant (il raconte lui-même que le lauréat étant mieux rémunéré qu'un membre du jury, le choix était vite fait). Après le succès à ces deux concours, il sera invité par les plus grands chefs d'orchestre en tant que soliste.

Il enchaîne concerts après concerts et illumine l'auditoire dans l'interprétation redoutable du 2e Concerto brandebourgeois de Bach qu'il passe avec aisance et légèreté. Ce pièce deviendra son « signe de reconnaissance » avec la badinerie de la Suite en si mineur. De 1967 à 1978, il est professeur au Conservatoire de Paris, succédant à son maître Raymond Sabarich, Il y introduit la petite trompette (piccolo) pour le répertoire baroque. Il y forme plus de cent trompettistes, parmi lesquels Bernard Soustrot, Guy Touvron, Éric Aubier, Thierry Caens.

Maurice André jouera avec les plus grands chefs comme Jean-François Paillard (selon ses propres dires, le chef dont il épousait le plus totalement les options artistiques), Karl Richter, Herbert von Karajan, Karl Münchinger, Riccardo Muti, Jesús López Cobos, Michel Plasson, Charles Mackerras, Karl Böhm, Léonard Bernstein. Toujours avec simplicité et modestie.

En 1980, l'émission de Jacques Chancel -Le Grand Échiquier- lui ouvre ses portes et un très large et jeune public découvre son expression musicale. Le succès de cette émission poussera à renouveler l'expérience, huit années plus tard. Dans les mêmes années, il est largement popularisé par sa participation à l'émission Dimanche Martin animée par Jacques Martin ce qui permet de promouvoir l'album Le Meilleur de moi-même en 1988.

Son activité discographique est impressionnante : il grave plus de 255 enregistrements dont près de 50 réalisés avec l'Orchestre de Chambre Jean-François Paillard.

Malgré une carrière remplie de succès, Maurice André n'a jamais oublié ses origines modestes auxquelles il fait référence à chaque concert ou émission de télévision. Il a notamment enregistré de nombreux airs populaires avec la même exigence que pour les grands concertos classiques.
Fidèle en amitié il rend souvent visite en région Nord Pas de Calais à son grand ami Germain Santer, PDG des établissements Sainthimat, mécène et sponsor du Tour de France. Dans les années 2000, il lui arrive même de prendre place modestement aux côtés des musiciens de l'harmonie de Caudry (Nord) dirigée par le clarinettiste jazzman André Dufour.

Maurice André vécut de nombreuses années à Presles-en-Brie où l'école publique porte son nom en son hommage. Il s'est ensuite retiré à Urrugne, au Pays basque, où il s'adonnait à la sculpture sur bois entre deux morceaux de trompette. Il a continué à donner des cours de maître à de jeunes trompettistes prometteurs, tel Rubén Simeó.

En 2003, le magazine Brass Bulletin, spécialisé dans les cuivres, réalise un sondage international auprès de musiciens pour définir un Top 12 des meilleurs joueurs de cuivres du xxe siècle. Maurice André sort en tête de ce classement (avec 848 votes), devant Louis Armstrong (649 votes)4.

Le dimanche , en présence de son épouse et de ses enfants, au cours de la messe d'action de grâce célébrée dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste d'Alès, il reçoit un message du pape Benoît XVI ainsi que la bénédiction apostolique du Saint Père.

Après une carrière intense menée jusqu'au début des années 1990, avec parfois près de 250 dates programmées dans une même année, Maurice André donne son dernier concert le , à la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers, à l'âge de 75 ans.

Il meurt le  à 78 ans, à l'hôpital de Bayonne. Le jour de ses obsèques à Alès, de nombreux trompettistes du monde entier, anciens élèves ou non, étaient présents, ainsi que le chef d'orchestre Michel Plasson.

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