R.I.P. Georges Prêtre
A 92 ans, Georges Prêtre continuait à diriger avec fougue. On avait encore pu s'en rendre compte encore à la Scala l'année passée.
Né à Waziers (Nord de la France), Georges Prêtre suivait déjà des cours au Conservatoire de Douai à 6 ans. Solfège, piano puis trompette, il rejoint le conservatoire de Paris à 15 ans. Le métier de chef d’orchestre s’imposera plus tard.
À jamais associé à Maria Callas dont il était le chef préféré, Georges Prêtre mène une immense carrière dans la direction d’opéra -"la meilleure école pour un chef "- avant de diriger de grands orchestres. Il fut l’un des premiers chefs étrangers à diriger le concert du Nouvel An avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne (2008 et 2010), choisi par les musiciens, ce qui n'est pas peu dire.
Ses débuts en France, à l’Opéra de Marseille puis à Lille et au Capitole de Toulouse, le poussent à rejoindre Paris où, en 1956, il entre à l’Opéra-Comique puis à l’Opéra de Paris. C’est pourtant hors de France qu'il va construire sa prestigieuse carrière : de Chicago à New York en passant par la Scala, Londres ou le Japon, Georges Prêtre est un artiste français davantage reconnu à l’étranger que dans son propre pays.
Il avait ses inconditionnels tels Maria Callas ou Francis Poulenc mais il s'était brouillé avec Karajan -"un grand musicien, un homme d'affaires. Je me suis fâché avec lui, c'est de ma faute parce que je n'ai jamais été diplomate".
Encore en activité récemment, il n'était pas tendre avec la musique d’aujourd’hui, considérant qu’il n’y avait plus beaucoup de "vrais musiciens", qu’il manquait souvent "de la poésie dans la musique" et rappelant aussi que "Vous devez servir l’oeuvre, pas vous servir".
Francis Poulenc lui vouait une grande admiration et la musique doit au tandem la création de La Voix humaine à l'Opéra-Comique avec la chanteuse Denise Duval, un des chefs d’oeuvre de Poulenc et une collaboration inoubliable.