"Rigoletto" comme au temps jadis

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Dans la pénombre, le musée Jacquemart-André (Paris) présente Rigoletto de Verdi dans une version intimiste pour seulement 80 spectateurs.
L'expérience est singulière, et exceptionnelle : remonter le temps en assistant à un opéra donné dans les conditions de sa création. Telle est l'initiative du musée Jacquemart André. Rigoletto a été choisi pour cette aventure artistique créée par «Opera a Palazzo» et lancée dans les palais vénitiens. Pour adapter l'œuvre au lieu, Giovanni Alamia a remanié la partition et Patrizia Di Paolo conçu la mise en scène. Ainsi, les détails qui font la grandiloquence de cette pièce de Verdi, écrite d'après Le Roi s'amuse de Victor Hugo et créée le 11 mars 1851 à La Fenice, ont été gommés. Cette version s'est concentrée sur les airs essentiels de l'opéra, joués par une petite formation violoncelle, alto et piano.

L'orchestre de chambre et les chanteurs évoluent dans une demi-pénombre, depuis le grand salon jusqu'à la salle de musique de ce superbe musée parisien qui vient d'être rénové. Les artistes sont quasiment au contact des quatre-vingts spectateurs installés, comme autant de figurants immobiles, dans ces pièces d'apparat qui tiennent lieu de scène. On écoute, plongés dans l'intimité d'une luminosité rare, telle celle que pratique le fameux opéra de Drottningholm en Suède. On se réjouit de se trouver au cœur d'un opéra, et d'être transporté comme dans un rêve loin des horreurs de l'actualité.

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