Vie et éclats d’une théologienne érudite et d’une artiste raffinée.

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Parmi les compositrices inoubliables, il y a Kassia de Constantinople.
Et on résiste difficilement au vertige que procure cette musique parvenue jusqu’à nous depuis un temps et un espace très éloignés. Des voix et de maigres accompagnements instrumentaux resurgissent ainsi depuis le IXe siècle byzantin, à travers les écrits d’un grand personnage de l’empire : Kassia (vers 810-vers 864).

Canonisée et fêtée le 7 septembre dans le calendrier orthodoxe, cette religieuse intrigue tout d’abord par l’étendue de sa culture, bâtie essentiellement grâce au statut social de sa famille. Car son père, haut gradé de la ville impériale, lui a ouvert les portes de l’instruction, privilège presque jamais accordé à la gent féminine.

Il y a eu ensuite son talent éclatant, qui a fait tomber en pâmoison jusqu’à l’Empereur Théophile et dont on peut saisir l’ampleur dans ses hymnes, ouvrages ciselés qu’on chantait entre les psaumes dans la liturgie orthodoxe.

Une partie conséquente de cette cinquantaine de pièces à la richesse mélodique époustouflante demeure des piliers, toujours inscrits dans la pratique religieuse de tradition grecque. Moniale puis Abbesse, Kassia est la première femme dont les œuvres nous soient parvenues par écrit. Il faut la (re)découvrir sans attendre.

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