La grande fiesta de L’Arpeggiata à la Salle Gaveau
Un double concert anniversaire
À l’occasion de ses 25 ans, L’Arpeggiata a offert deux concerts consécutifs le 8 février, à la Salle Gaveau à Paris. Le premier, intitulé « Alla napolitana », et le second, « La grande fiesta de L’Arpeggiata », donnent un excellent aperçu des programmes typiques de l’ensemble, qui mêle partitions baroques et arrangements originaux de musiques traditionnelles de divers horizons.
Un mélange de styles et de talents
Parmi les interprètes, on retrouve des fines-fleurs du chant baroque comme la soprano Céline Scheen, le contre-ténor Valer Sabadus et le ténor Cyril Auvity. Les instruments anciens sont à l’honneur avec les cordes de boyau, l’orgue positif, ainsi le théorbe de Christina Pluhar. Mais l’ensemble intègre aussi des chanteurs à la technique moins classique et des instrumentistes issus de traditions musicales extra-européennes et modernes. Comme à l’accoutumée, ils transportent le public à travers les époques et les cultures, suscitant l’envie de chanter, de frapper des mains et de danser.
Un répertoire varié et surprenant
Le programme propose des pièces de compositeurs baroques, célèbres ou méconnus (Monteverdi, Purcell, Haendel, Kapsberger, Cazatti, Ziani, Torri), alternant avec des airs et des instrumentaux traditionnels venus d’Angleterre, du Vénézuéla et du Mexique, le tout agrémenté d’improvisations aux accents jazzy. Les enchaînements réservent parfois des surprises, comme Music for a while de Henry Purcell, où le piano distille des notes discrètes, transformant la mélodie originale en une chanson slow. Dans Ciaccona de Cazatti, l’orgue positif de concert évoque les sonorités d'un orgue Hammond de jazz. La danseuse Anna Dego enrichit L’Arpeggiata de Kapsberger de mouvements gracieux ; elle présente également des pirouettes fiévreuses sur le traditionnel vénézuélien Montilla.
Malena Ernman, entre humour et expressivité
La mezzo soprano Malena Ernman interprète avec humour les chansons traditionnelles anglaises The Frog & The Mouse et The Taylor & The Mouse, qu’elle avait déjà présentées avec L’Arpeggiata au Festival de Saint-Michel en Thiérache l’année passée avant de les enregistrer à l’abbaye du même lieu sur le disque Terra Mater, récemment paru. Son expressivité moderne s’exprime pleinement dans Nature Boy d’Eden Ahbez, où elle excelle dans un mélange subtil de blues et de variété.
Une ambiance de fête et de camaraderie
Ce concert sans entracte se déroule dans une ambiance festive, digne d’une réunion entre amis de longue date. Chaque passage de soliste est salué par des cris et des applaudissements des autres artistes, qui dansent sur leurs chaises derrière les musiciens sur le côté cour. Christina Pluhar, sans chercher à se mettre en avant, félicite ses musiciens avec un sourire constant. C’est seulement lorsque le public entonne spontanément Joyeux anniversaire qu’elle se lève pour remercier l’assistance. En effet, le 25e anniversaire de l’ensemble coïncide avec son propre 60e anniversaire.
Un succès qui dure depuis 25 ans
L’ensemble de musiciens et de chanteurs est ovationné par un public dont les applaudissements semblent ne jamais s’arrêter. Cette communion entre la scène et la salle témoigne du succès de L’Arpeggiata, qui, après 25 ans d’existence, continue d’enchanter son auditoire.
Concert du 8 février à la Salle Gaveau à Paris.
Crédits photographiques © Michal Novak