Le Code de la route : hommage à Boris Vian

par https://www.deckardsdream.com/

Le Code de la route : hommage à Boris Vian. Les Lunaisiens : Arnaud Marzorati, dir. artistique, baryton ; Agathe Peyrat, soprano, ukulélé ; Fabien Norbert, trompette ; Pierre Cussac, accordéon, bandonéon ; Raphaël Schwab, contrebasse. 2019. MU-038 

Enfin un autre anniversaire à célébrer, celui du centenaire de la naissance de Boris Vian ! Celui que l’on pense connaître (L’écume des jours et la trompinette étant sacralisés depuis fort longtemps), nous a pourtant laissé plus de 450 textes de chansons dont des pépites encore peu connues. C’est cette carte qui a été choisie par Les Lunaisiens dans leur nouvel album Le Code de la route : Hommage à Boris Vian. Décalé mais pas seulement, chanté mais aussi déclamé, franc, jamais censuré, et surtout parfaitement arrangé : tous les ingrédients sont là pour nous proposer un album qui se démarque parmi tant d’autres. Sans le pathos qu’on adopte trop souvent dans un « album hommage », les musiciens menés par les chanteurs Arnaud Marzorati et Agathe Peyrat ont réussi à rester fidèles au personnage de Vian, si naturel qu’il en devient subtilement provocant. Tout comme l’album qui réunit entre autres des chansonniers qui ont inspiré le pataphysicien.

Très souvent, lorsqu’on parle de musique vocale, la partie instrumentale est abordée à la fin de l’article. Avec ce disque, une mention spéciale doit être attribuée dès à présent aux instrumentistes Fabien Norbert, (trompette), Pierre Cussac (accordéon/bandonéon) et Raphaël Schwab (contrebasse), car ils constituent une partie (presque) centrale de ce disque. Parfaitement accommodés ensemble, les trois musiciens dressent un paysage sonore d’un Paris idéal, celui des cafés concerts, de la poésie, des gros mots toujours à leur place et du jazz. Comment alors à ne pas se sentir porté, notamment par la trompette de Fabien Norbert ? Les chanteurs ont su en profiter au maximum. Virtuose et vocalement acrobatique, à la manière des chants tyroliens, la soprano Agathe Peyrat est brillante dans Les Poètes élégiaques tandis que le baryton Arnaud Marzorati dresse une ambiance digne du vieux Montmartre dans le célèbre À Poil. L’atmosphère bohémienne est ainsi retrouvée dans Envole-toi, presqu’un tango sentimental de music-hall, tandis que le Rock des petits cailloux nous surprend par son côté caressant. Représentant deux mondes différents, le jazz et le classique, Les Lunaisiens se retrouvent et se complètent à chaque chanson. Même s’il est regrettable de perdre parfois le sens du texte comme dans la Cantate des boîtes, les deux chanteurs s’aventurent avec brio au-delà de leur zone de confort et délivrent ainsi des jolies surprises comme le timbre grave et généreux d’Agathe Peyrat.  

Tout à fait à la hauteur de cet artiste pluridisciplinaire avant l’heure, Les Lunaisiens assument ce répertoire pas si facilement maniable et délivrent un résultat parfaitement assorti aux codes de l’existence de Boris Vian.

Gabriele Slizyte

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