Legende d’amour de Melikov par Valery Gergiev

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Arif Melikof (°1933)
livret de Nazim Hikmet : Légende d’amour
Moscow Radio Symphony Orchestra - Valery Gergiev
2015-DDD-CD1 : 39’, CD2 :73’14-Textes de présentation en russe, anglais et français-Melodyia Mel Cd 10 02326

Avec une pochette surprenante et colorée, un titre évocateur et un compositeur peu connu chez nous, le double disque consacré au ballet en trois actes d’Arif Melikov a tout pour surprendre l’auditeur. Notre curiosité nous mène alors aux différents protagonistes de l’enregistrement : le Moscow Radio Symphony Orchestra sous la baguette d’un jeune chef, Valery Gergiev. Légende d’amour est un ballet en trois actes du compositeur azerbaidjanais Arif Melikov sur un livret que Nazim Hikmet écrit durant ses années d’emprisonnement en Turquie avec idée bien précise : « représenter une nouvelle facette de l’amour que l’homme puisse éprouver, l’amour pour son pays et pour son peuple ». Inspiré d’une ancienne légende orientale, l’œuvre est jouée pour la première fois en 1961 au Théâtre Kirov de Leningrad et sera sur les planches du Bolchoï en 1965 où le succès est immédiat. Sur les décors de Simon Virzaladze et la chorégraphie de Iouri Grigorovitch, la musique, particulièrement expressive et passionnante, naturellement orientalisée mais ni excessive ni « sucrée », apporte tout le dramatisme requis pour l’histoire. Le premier acte nous emmène au palais de la reine Mekhmené Banou où sa sœur Shirin se meurt. Un inconnu accepte de la soigner à la seule condition que la reine renonce à sa beauté. Peu après, les deux sœurs rencontrent et tombent amoureuses du jeune artiste, Ferkhad. L’acte II présente un peuple assoiffé contraint alors à percer la montagne de fer à la frontière du royaume. La reine impose à Ferkhad, qui s’était enfui du palais avec Shirin, de percer la montagne de fer pour que les deux amoureux puissent vivre leur passion. Le dernier acte nous montre Ferkhad dans son entreprise qu’il tente de terminer pour prouver son amour tant à Shirin qu’à son peuple.
Bienveillant et plein de sincérité, ce récit est merveilleusement mis en musique par Melikof. Se décèlent quelques influences de Prokofiev, Stravinsky et Chostakovitch ainsi qu’une grande maîtrise de la masse orchestrale. Loin d’être mièvre, Légende d’amour comporte de nombreux contrastes et accents et un travail considérable sur le matériau thématique et sur l’importance du figuralisme. Sans les images, l’auditeur imagine très facilement les différents tableaux : expressifs, tendus, dramatiques et poétiques. Le tout jeune Valéry Gergiev dirige déjà l’orchestre de main de maître et insuffle à l’œuvre toutes les dynamiques et couleurs requises. L’orchestre de la radio russe présente une grande homogénéité et une facilité évidente pour une œuvre relativement longue et complexe. Le choix de l’orchestration est judicieux, riche et précis et correspond bien aux attentes d’une éventuelle chorégraphie. Cette version remastérisée de 1968 donne à découvrir un compositeur dont le style, très personnel, est passionnant.
Ayrton Desimpelaere

Son 9 – Livret 9 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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