Quatre compositrices pour le violon de l’Américain Philippe Quint

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Milestones. Lera Auerbach (°1973) : Concerto pour violon et orchestre n° 1. Errollyn Wallen (°1958) : Concerto pour violon et orchestre. Lora Kvint (°1953) : « Odyssey », Rhapsodie pour violon et piano. Florence Price (1887-1953) : Adoration. Philippe Quint, violon ; Royal Scottish National Orchestra, direction et piano Andrew Litton. 2024. Notice en anglais. 62’ 27’’. Pentatone PTC 5187 408.   

Les françaises de Bayreuth

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Le temple wagnérien a beau être un bastion germanique, il n’est pas rare pour autant de croiser certaines figures hexagonales sur la Colline verte. Dans la fosse, au pupitre ou encore au parterre, rencontre avec trois d’entre elles.

Que fais-tu la vie ?

Nathalie Stutzmann, je suis chef d’orchestre.

Comment as-tu découvert Wagner ?

Les premiers souvenirs que j’ai remontent à mon enfance. Mon père chantait l’un des Meistersinger (ndlr : Maître chanteur dans Les Maîtres chanteurs de Nuremberg). Je suis tombée totalement amoureuse de tous ces airs. Puis ce fut Tristan und Isolde dirigé par Kleiber, dont on m’avait offert le CD. Ma mère étudia ensuite le rôle de Senta. Le goût étant là, j’ai ensuite exploré le reste. À 18 ans, je suis sélectionnée à l’Académie des jeunes de Bayreuth, j’ai ensuite passé l’été 83 là-bas. Nous avions accès à la galerie tout en haut de l’auditorium, et c’est alors que je découvre l’acoustique si particulière du Festspielhaus. Puis, à 21 ans, je rentre à l’école de l’Opéra de Paris, où j’ai la chance d’étudier avec l’immense wagnérien Hans Hotter  tout le répertoire du lied allemand, ainsi que la poésie avec Lou Bruder, qui était le mari de Régine Crespin lors de ses débuts à Bayreuth .  

Quaimes-tu particulièrement à son sujet ?

Tout ! Lorsque l’on tombe amoureux de son œuvre, c’est tellement envoûtant et différent, que cela en devient presque comme un poison. Cet univers est si particulier que, si l’on y est pris, on n’en sort plus. En tant que chef, c’est d’autant plus un régal que tout part de l’orchestre chez Wagner ; l’orchestration est la source de toute l’architecture musicale, et les chanteurs n’ont finalement qu’à se poser sur la structure orchestrale. 

La musique wagnérienne est d’une richesse et d’une complexité qui nourrit toute une vie et  pour jouir pleinement de son génie, je recommande une certaine préparation à l’œuvre, l’étude des leitmotiv et légendes nordiques apporte beaucoup.

Depuis quand viens-tu à Bayreuth ?

Je suis venue pour la première fois à 18 ans, et je n’y suis revenue ensuite qu’en tant que chef en 2023. L’émotion fut alors d’autant plus grande que j’en rêvais depuis très longtemps et que je n’étais jamais venue en tant que chanteuse.

Comment es-tu arrivée au Festival ?

Par un courriel de Katharina Wagner, qui m’a proposé de diriger la production de Tannhäuser en 2023. J’étais tellement heureuse que je n’en ai pas dormi pendant deux jours !

Une anecdote sur le Festival ?

Difficile de choisir. Je me souviens de ma première entrée en fosse d’orchestre, avec ce tabouret mythique où tous ces immenses chefs se sont assis. C’était lors de la première scène orchestre, avec assez peu de temps de répétition avant la première car il y avait 8 opéras à répéter pendant la période du festival ! et l’acoustique du Festspielhaus à dompter. Il y a aussi les queues à la cantine où tout le monde se côtoie, chefs, chanteurs, musiciens choristes, généralement autour d’une saucisse / frite pendant les répétitions et même pendant les spectacles !

Toujours au début du festival, je me souviens aussi de marcher dans le fameux couloir qui mène à la fosse d’orchestre avec le portrait de toutes ces idoles que l’on a eues… pour finalement voir sa propre photo à la fin du couloir. Alors, l’on se dit que l’on a réussi quelque chose.

Je me souviens également de la première de Tannhäuser l’année dernière : lors du premier acte, il y a eu un petit problème technique avec la voiture sur le plateau, une vieille Citroën, qui ne s’est pas arrêtée et a continué sa course jusqu’à la trappe du souffleur, à quelques dizaines de centimètres de la fosse ! Sur le moment, l’on voit sa vie défiler devant ses yeux, mais l’on continue de diriger. Il ne fallait rien montrer à l' orchestre pour éviter tout chaos. Une fois la frayeur passée, ma crainte était d’avoir des remarques sur le fait qu’il s’agissait d’une voiture française !

Bayreuth : l'âge d'or d'un festival en coffret Decca Eloquence

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Bayreuth Festival – Richard Wagner Edition. Richard Wagner (1813-1883) : Parsifal (1951 et 1967) - Lohengrin - Der Fliegende Holländer Tannhäuser - Die Meistersinger von Nürnberg. Solistes, chœurs et orchestre du Festival de Bayreuth, direction : Hans Knappertsbusch, Joseph Keilberth,  Wolfgang Sawallisch, Karl Böhm, Silvio Varviso.1951-1974. Livret en anglais. 25 CD 4847580   

Une invitation amicale dans la datcha de Chostakovitch

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La datcha de Chosta. Arvo Pärt (°1935) : Fratres, version pour alto et piano. Anne Martin (°1969) : Cette colline - Hommage à Fiodor Droujinine. Jean-Paul Dessy (°1963) : DSCH - In Memoriam Dmitri SCHostakovitch. Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Sonate pour alto et piano op. 147 ; Impromptu pour alto et piano op. 33. Maxime Desert, alto ; Mariane Marchal, piano. 2024. Notice en français et en anglais. 68’. Paraty 2025003. 

Fantasmagorie médiéviste autour de l’univers des Croisades

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Crusaders, Musik der Kreuzzüge. Œuvres (tirées) de Thibaut de Champagne (1201-1253), Guiot de Dijon (XIIIe s.), Huon d’Oisy (1145-1189), Peirol (c1160-1225), Wolfram von Eschenbach (c1170-c1220), Conon de Béthune (c1150-c1220), Walther von der Vogelweide (c1170-c1230), Carmina Burana, chant grégorien. Estampie : Alexander Veljanov, Syrah, Johann Bengen, Cas Gevers, Michael Popp, Hannes Schanderl, Tobias Schlierf, Ernst Schwindl, Schola Cantorum Gedanensis. Octobre 1995, réédition 2024. Livret en anglais, allemand ; paroles en langue originale, traduction en allemand. 50’31’’. Christophorus CHE 0233-2

Le premier récital d’Eleonora Buratto est marqué du sceau de la flamboyance

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Indomita. Scènes tirées d’opéras. Vincenzo Bellini (1801-1835) : Il Pirata. Gaetano Donizetti (1797-1848) : Anna Bolena ; Lucrezia Borgia. Giuseppe Verdi (1813-1901) : I due Foscari ; Aroldo. Eleonora Buratto, soprano ; Didier Pieri, ténor ; Irene Savignano, mezzo-soprano ; Giovanni Battista Parodi, basse ; Chœur et Orchestre de l’Opéra Carlo Felice de Gênes, direction Sesto Quatrini. 2024. Notice en anglais et en italien. Textes chantés reproduits, avec traduction anglaise. 69’ 19’’. Pentatone PTC 5187 409.

Festivités Montpelliéraines sous la direction de Roderick Cox

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40 ans, ça se fête ! Le Festival Radio France Occitanie Montpellier souffle une jolie bougie supplémentaire. Avec une multitude de concerts dans différents lieux, la ville bat au rythme d’une programmation variée (baroque, classique, jazz et musique du monde) durant plus de deux semaines.

De grandes formations musicales s’alternent chaque soir à l’Opéra Berlioz du Corum. L’orchestre maison de la ville, qui a une place à part dans le cœur du public, est invité pour l’avant-dernier concert du Festival. Sous la baguette de leur nouveau directeur musical, le chef d’orchestre américain Roderick Cox, l’Orchestre National de Montpellier tisse un lien entre 3 grands noms du XIXe siècle : Brahms, Schumann et Dvořák.

Inspiré du poème Hyperion de Friedrich Hölderlin, Johannes Brahms termine en 1871 son poignant Schicksalslied op. 54 pour chœur et orchestre. Au cours des 3 strophes, le compositeur convoque la force des dieux antiques et des habitants du ciel avant de se faire plus sombre, où la douleur des hommes chancelle dans un gouffre infini. Cette œuvre se termine tout de même sur une possible rédemption de la destinée humaine.Préparés par leur cheffe de chœur, Noëlle Gény, les chanteurs ont pris le parti de défendre la lumière qui émane de ce Chant du Destin. Ils s’emparent avec retenue et puissance des mots du philosophe allemand. Dès les premières mesures, les voix d’altos donnent le ton. La clarté sera le maître-mot. Le chœur brûle par sa ferveur et sa conviction. L’Orchestre, quant à lui, réussit à prendre toute sa place nécessaire, en particulier le pupitre de violoncelle qui se révèle admirablement. 

Après Brahms, comment ne pas penser à Schumann ? La soirée se poursuit donc avec cette filiation évidente entre les deux compositeurs romantiques. D’abord conçue comme une fantaisie pour piano et orchestre, dédiée à sa chère Clara, Robert Schumann étoffera son œuvre de deux autres mouvements, enchaînés, pour devenir le Concerto pour piano en la mineur op. 54 créé en 1845. Le jeune pianiste français Jonathan Fournel, premier prix du prestigieux Concours Reine Elisabeth en 2021, s’attaque à ce monument du répertoire où alterne lyrisme et délicatesse. Dès le début du premier mouvement allegro affettuoso, le hautbois d’une solennité magistrale ouvre la voie à un piano tout en retenu. Le son perlé de Jonathan Fournel est d’une précision salutaire. Jamais dans le pathos, le jeune pianiste évite quelques clichés. Après un premier mouvement, nourri par une longue et sincère salve d'applaudissements (!), l’intermezzo laisse apparaître la baguette légère du chef. Toujours dans la mesure, Roderick Cox dégage une sobriété appréciée, laissant la place à une clarinette évanescente. Enfin, l’allegro vivace permet au pianiste de prendre toute sa place et de nous montrer davantage sa personnalité. Le style y est plus singulier et incisif. Visiblement très ému, Jonathan Fournel reprend ses esprits et offre en bis l’Intermezzo op. 177 n°2 de Brahms. La boucle est bouclée.