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Les Musicales de Normandie font belles escales sur la boucle de Brotonne

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Après vingt-quatre concerts principalement dans le nord du Pays de Caux, la 21e édition des Musicales de Normandie posait ses valises, le temps de cinq concerts en trois jours, à Vatteville-la-Rue, Caudebec-en-Caux et Villequier. Nous n’avons malheureusement pu assister au premier, un récital du pianiste Jean-François Heisser, intitulé « Piano sous les arbres », avec des œuvres de Schumann, Messien, Liszt, Ravel et Grieg qui ont à voir avec les oiseaux et la forêt. Avec les quatre concerts suivants, qui tous proposent également une thématique mûrement pensée, cela donne un aperçu appréciable de la qualité et de la variété de ce Festival.

Quatre concerts en deux jours, donc. Les après-midis étaient instrumentales avec le pianofortiste Daniel Isoir qui, dans des formations et avec des musiciennes différentes, proposait un séjour viennois de seulement neuf années (1793 à 1802), avec des œuvres de Beethoven et de Haydn. Les soirées étaient vocales, à forte connotation spirituelle, avec un récital de Marie-Laure Garnier, faisant alterner negro-spirituals (genre né au XIXe siècle) et mélodies (surtout françaises) de la première moitié du XXe siècle le vendredi, et un programme dédié à la Vierge, chanté a cappella par l’Ensemble La Sportelle, et couvrant plus de neuf siècles de musique, le samedi.

Trois fois Beethoven à Candes Saint-Martin

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Fondé il y a une quinzaine d’années par l’organiste et claveciniste Stéphane Béchy et l’écuyer saumurois Patrice Franchet-d’Espèrey, passionné de musique, le Festival de la Dive Musique s’est donné pour mission de faire rayonner le souvenir de Rabelais dans les alentours du petit village de Seuilly qui l’a vu naître vers 1483. Les concerts, souvent consacrés à l’univers baroque mais pas exclusivement, se donnent de la Touraine à l’Anjou dans des lieux patrimoniaux qui ne manquent pas dans ce pays béni des dieux.

C’est dans la splendide Collégiale de Candes Saint-Martin qu’eût lieu, dimanche 24 août, le concert final, à quelques dizaines de mètres de la maison qu’Henri Dutilleux et sa femme Geneviève Joy possédaient dans ce village de mariniers typique des bords de Loire, mais envahi par les touristes et les motards dès la belle saison. Devenue aujourd’hui une résidence d’artistes par la grâce de ses défunts et généreux propriétaires, la Maison Henri Dutilleux-Joy accueille des musiciens depuis 2021, après une restauration respectueuse de l’histoire de ce village classé. Construite sur les lieux même de la mort de Saint-Martin, la vieille église ruinée fut reconstruite aux XII et XIIIe siècles dans le style du gothique naissant, richement décorée par un splendide bestiaire sculpté et renforcée par des tours de défense après la Guerre de Cent Ans qui ravagea le pays.

Pour ce concert final, c’est la violoniste Stéphanie-Marie Degand et le pianofortiste Daniel Isoir qui vinrent jouer trois sonates pour violon et piano de Ludwig van Beethoven. Concert de haute tenue grâce à la grande complicité unissant les deux interprètes qui donnèrent, dans un autre endroit et la veille du concert, les 10 sonates du corpus en 24 heures.