Mots-clé : Musiques Nouvelles

A l’Unisson, Musiques Nouvelles et la création

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Mons au printemps accueille en son centre le Festifood Hiver, un événement gastronomique dont je contourne le chapiteau (vide à cette heure) qui remplit la Grand-Place – des carbonnades à La Cervoise autour d’une bière avec des amis feront l’affaire avant de rejoindre Arsonic en contrebas, peu avant 20 heures pour un programme de créations : trois nouvelles pièces et une première belge, celle de Terra Memoria, deuxième quatuor à cordes de Kaija Saariaho (après Nymphéa, de 1987 – qui fait aussi intervenir l’électronique), écrit 20 ans plus tard (soit une période où la compositrice finlandaise évolue de façon significative – tout en maintenant son appétence pour les violons, alto et violoncelle), adapté ici pour orchestre à cordes. Dédiée à tous ceux qui sont partis (le chef Jean-Paul Dessy retourne cette dédicace vers celle qui a disparu en 2023), la partition fait écho au constat que les morts voient leur vie brusquement arrêtée, alors que, si certains souvenirs qu’ont d’eux leur entourage sont fixés de façon immuable, d’autres continuent à évoluer – à vivre : se remémorer un événement modifie l’encodage mnésique de celui-ci ; le rappel, chaque fois, se mêle au souvenir et le brouille, le sculpte (un peu) différemment. Dans Terra Memoria, Saariaho fait de « Memoria » sa façon de la travailler la « Terra », sa matière, et le résultat, dense, à la puissance évocatrice, contraste entre les viscères froids, triés, rangés sur la table (du légiste), métallique, aux reflets argentés, et la saleté désordonnée, le chaos de la vie, brillant, brûlant, entre le statisme du néant, sa salubrité antiseptique, et (légers décalages de phases), l’ouverture vers la lumière, le beau, le grand.

Musiques Nouvelles : 60 ans, 45 compositeurs, la création épanouie 

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Tim Gouverneur (1983-), Benoît Chantry (1975-), Adrien Tsilogiannis (1982-), Sébastien Jurczys (1985-), Eric Bettens (1973-), Edwin Pierard (1986-), Alin Gherman (1981-), Alithéa Ripoll (1990-), Paula Defresne (1971-), Jonathan Aussems (1981-), Nicolas d’Alessandro (1981-), Guillaume Auvray (1990-), Maxime Georis (1991-), François Couvreur (1992-), André Ristic (1972-), Gilles Doneux (1985-), Pierre Slinckx (1988-), Grégory d’Hoop (1986-), Gaëlle Hyernaux (1979-), Qoutayba Neaimi (1986-), Adrien Lambinet (1979-), Alice Hebborn (1990-), Eliot Delafosse (1994-), Jarek Frankowski (1958-), Stefan Hejdrowski (1993-), Hughes Kolp (1974-), Laurent Houque (1985-), Max Charue (1992-), Bo Van der Werf (1969-), Benjamin Sauzereau (1984-), Eric Collard (1995-), Pierre Quiriny (1983-), Judith Adler de Oliveira (1989-), Gwenaël Grisi (1989-), Harold Noben (1978-), Patrick Leterme (1981-), Sarah Wéry (1987-), David Achenberg (1966-), Line Adam (1972-), (19-), Jean-Philippe Collard-Neven (1975-), Fabian Fiorini (1973-), Apolline Jesupret (1995-), Stephane Orlando (1979-), Arnould Massart (1956-), Pauline Claes (1982-): 60 Ans 45 Compositeurs - 2012-2022. Musiques Nouvelles. 6h48’38 – 2022 – Livret en : anglais, français. Cypres. CYP8621. 

Au Juillet Musical, le 4+1 de Musiques Nouvelles 

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C’est une simple graine du Royal Juillet Musical de Saint-Hubert que je m’en vais picorer à l’Église Saint-Remacle, le jour de la fête nat’ (le 21 juillet, pas le 14, pour ceux qui confondent Marseillaise et Brabançonne), dans le Marche-en-Famenne ancien, la spore contemporaine au sein d’une programmation classique, base du levain de demain, nourri à un répertoire moderne mais sans à-coup, du genre de ceux qui peuvent apprivoiser des oreilles effarouchées par la réputation tranchante de l’avant-garde née après-guerre.

Jean-Paul Dessy dirige Musiques Nouvelles depuis 1997, un ensemble qui célèbre cette année ses soixante ans (l’occasion de s’insinuer dans un maximum d’événements en Belgique francophone), depuis sa fondation en 1962 par Pierre Bartholomée : une douzaine de musiciens (un noyau à géométrie variable, aujourd’hui le quatuor en compte… quatre, en plus de Lucas Cortoos, jeune baryton habitué de la Monnaie), attentionnés découvreurs et promoteurs de la création musicale – toute relative aujourd’hui puisque la set list allie nouveauté et consensus (« cohésion » a seriné le roi Philippe hier).

« Nous sommes des consommateurs, et aujourd’hui nous consommons de la culture – qui nous fait du bien », explique, avec plus d’enthousiasme que d’adresse, l’échevin en charge – qui se réjouit, avec plus de flamme que d’à-propos, de promouvoir ce jour les compositeurs wallons : Philip Glass, Arvo Pärt et Henryk Górecki sont honorés de leur nationalisation.