Mots-clé : Zachary Wilder

La Calisto par Jetske Mijnssen : la Raison aux prises avec le Baroque

par

Jupiter emprunte l’apparence de la déesse Diane afin de séduire une chaste nymphe de sa suite, Calisto. Junon se venge en transformant sa rivale en ourse, poursuivie par les Furies jusqu’aux Enfers. Pris de pitié, Jupiter déifie la nymphe sous la forme de la constellation de la Grande Ourse. Giovanni Faustini s’inspire de cet épisode des Métamorphoses d’Ovide pour fournir le livret d’un nouvel opéra à son ami vénitien Francesco Cavalli, dont le catalogue comptera plus de trente-sept ouvrages.

Dans le sillage de Claudio Monteverdi, Cavalli compte parmi les principaux fondateurs de l’opéra baroque. L’influence décisive qu’il exerça sur la naissance de la tragédie lyrique française est beaucoup moins connue. En effet, Jules Mazarin, passionné d’opéra italien, fit venir à la cour du jeune Louis XIV nombre d’artistes transalpins de haut vol, dont Rossi et Cavalli. Le nozze di Teti e di Peleo, puis Ercole amante, y furent représentés lors du mariage du souverain. Le tout jeune Jean-Baptiste Lully, sollicité pour compléter les ballets, sut s’en souvenir au moment d’acclimater le bel canto au goût français. Ainsi, nombre de scènes et de situations — sommeils, lamentos, ensembles masculins des Furies — seront réinventées par son génie.

À travers les quatre siècles qui se sont écoulés depuis sa création mouvementée, La Calisto a laissé une trace moins marquante que d’autres chefs-d’œuvre du Vénitien, tels Giasone, Ormindo ou Pompeo Magno. Toutefois, depuis sa reprise au Glyndebourne Festival Opera en 1970, elle connaît une nouvelle faveur. La présente mise en scène a été confiée à la Néerlandaise Jetske Mijnssen, secondée par la scénographe Julia Katharina Berndt et la dramaturge Kathrin Brunner ; elle fut inaugurée lors du Festival d’Aix-en-Provence 2025. Bien accueillie, à quelques réserves près, la reprise au Théâtre des Champs-Élysées réjouit manifestement à son tour le public parisien.

L’opéra vénitien en son berceau : un effervescent laboratoire pour la troupe de Paolo Zanzu

par

Un Secolo Cantante. Œuvres de Francesco Cavalli (1602-1676), Benedetto Ferrari (c1603-1681), Claudio Monteverdi (1567-1643), Marco Uccellini (1603-1680), Francesco Sacrati (1605-1650), Michelangelo Brunerio (c1610-?), Barbara Strozzi (1619-1677). Emmanuelle de Negri, soprano. Blandine Staskiewicz, mezzo-soprano. Paul-Antoine Bénos-Djian, contre-ténor. Zachary Wilder, ténor. Salvo Vitale, basse. Paolo Zanzu, clavecin, orgue, direction. Le Stagioni. Liv Heym, Roldán Bernabé-Carrión, violon, alto. Laurent Muller, alto. Isabelle Saint-Yves, basse de viole. Jérôme Huille, violoncelle, lirone. Daniel de Morais, Simone Vallerotonda, théorbe. Notice en anglais, français et italien (livret avec paroles en italien, traduction en anglais et français). Octobre 2022. TT 58’59. Arcana A553

Lully revisité : et ça donne très bien !

par

Jean-Baptiste LULLY
Persée 1770
Mathias VIDAL (Persée), Hélène GUILMETTE (Andromède), Katherine WATSON (Mérope), Tassis CHRISTOYANNIS (Phinée), Marie LENORMAND (Cassiope), Marie KALININE (Méduse), Jean TEITGEN, Chantal SANTON-JEFFERY, Cyrille DUBOIS, Thomas DOLIE, Zachary WILDER (rôles divers), Le Concert Spirituel, choeur et orchestre dir.: Hervé NIQUET
2017- 2 CD 54' 20'' et 53' 57''-Textes de présentation et livret en français et en anglais-chanté en français-Alpha Classics 967