Hommage à la grande contralto Maureen Forrester

par
Forrester
Maureen FORRESTER Contralto (1930 - 2010) Oeuvres de C.P.E. Bach, Brahms, Britten, Barber, J.W. Franck, Haydn, Loewe, Mahler, Poulenc Schubert Schumann, Wagner Hertha KLUST, piano, Michael RAUCHEISEN, piano, Felix SCHRÖDER, piano Berlin 1955-1963- 3CD – CD1 62'26- CD2 60'11- CD3 67'27- 1st master release- original tapes- livret en allemand et anglais- pas de textes-chanté en allemand, français, anglais- Audite n°21-437 A ses débuts sur scène à Toronto en 1961 sous les traits de l'Orphée de Glück, la contralto canadienne, Maureen Forrester, était déjà très célèbre. Elle fut ensuite Cornelia dans « Jules César », la Cieca de « la Gioconda », Erda, Fricka, Brangäne,Clytemnestre, Madame Flora dans « Le Medium » de Menotti, Mistress Quickly ou encore la sorcière d'« Hansel et Gretel ». Elle laissa d'inoubliables émotions musicales dans ses interprétations de la « Symphonie Résurrection » ou « Das Lied von der Erde » de Mahler, la « Rhapsodie pour alto » de Brahms et tout le répertoire d'oratorio. Tôt dans sa carrière, le répertoire du Lied et de la mélodie prit une place importante dans la pratique de son art peu représenté au disque jusqu'à présent. Un témoignage varié nous en est présenté ici, en trois CD à partir de bandes originales. Le choix va de Mahler à Loewe, Wagner (« Les Wesendonck Lieder »), Brahms (opus 103), rares Lieder de Schubert et Schumann à Carl Philipp Emanuel Bach, Johann Wolfgang Franck (1644-1710), Haydn ou Benjamin Britten, Samuel Barber (« Mélodies passagères ») et Poulenc (« La fraîcheur et le feu », « Le travail du peintre » très peu de temps après leur composition). Accompagnée par de subtils pianistes : le légendaire Michael Raucheisen, Hertha Klust et Felix Schröder, on perçoit une nature musicale et fière de l'être, servie par une diction irréprochable, une technique quasi instrumentale parfaite et une voix aux sonorités riches admirablement maîtrisées. Peut-être presque trop, ici, car le ton est concentré, sérieux, tendu. Avec une sorte de prudence dans l'usage des coloris les plus opulents voire une méfiance à l'égard du côté capiteux ou tragique de sa voix. Investie totalement dans la volonté expressive, la substance s’allège et, parfois, se tend au prix d'une perte d'émotion (« Gedichte der Königin Maria Stuart », par exemple) procurant finalement l'impression d' une certaine tristesse (« An der Mond » index 16 ou « Ariane a Naxos »). Quelle est la part du travail d'enregistrement ? Quelle est celle du goût de l'époque ? Difficile à dire. On aurait aimé retrouver au disque la chaleureuse personnalité de cette grande artiste qui sut émouvoir des chefs tels Bruno Walter, Karajan en passant par Klemperer, Markevitch, Maazel, Muti, Osawa,... et toucher des milliers d'auditeurs. Voici déjà un très bel hommage qu'il conviendra de compléter. Bénédicte Palaux Simonnet Son 7 - Livret 6 - Répertoire 8 - Interprétation 8

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