Frédérick Haas à l'assaut de Scarlatti: âmes sensibles s'abstenir!

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Scarlatti

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(1685 - 1757)
35 sonates
Antonio SOLER
(1729 - 1783)
Fandango
Frédérick HAAS (clavecin)
2016-DDD-62', 51' et 66'-Textes de présentation en français, anglais et allemand-Hitasura HSP 002 (3 cd)

Ce n'est pas la première fois que Frédérick Haas se confronte à l'art miniaturiste et extravagant de Domenico Scarlatti. En 2002 déjà, il nous offrait un florilège de sonates de la maturité pour Calliope; aucune ne doublonne celles proposées ici, pour la plupart des pages de relative jeunesse. Plus encore qu'alors, le claveciniste français s'affranchit des contraintes pour laisser cours à une liberté de discours parfois étonnante, plus marquée encore que chez Scott Ross, comme affranchie de la barre de mesure qui semble, bien souvent, s'estomper jusqu'à ne plus exister. L'articulation est parfois pleine de surprises comme dans la K. 113, par exemple, qui déstabilise d'abord et enthousiasme ensuite. A d'autres endroits, les brusques ruptures de la ligne, sur-accentuées, renforcent le caractère impromptu et le sentiment d'improvisation qu'on éprouve à l'écoute. Lorsqu'une pièce présente des dissonances, celles-ci sont mises en exergue. Et notre artiste ne rate pas non plus une occasion pour souligner les exotismes de l'une ou l'autre sonate, tels que les appels de cors et de trompettes dans la K. 133. Accélérations vertigineuses, pyrotechnies en tous genres, contrastes inouïs, vigueur du toucher qui sollicite au maximum la capacité de résistance de l'instrument et autres bizarreries contribuent à instiller un climat d'une fraîcheur et d'une imagination toujours intactes et surprenantes. Certains choix sont pour le moins inattendus: ainsi, la célèbre K. 87 est jouée sans legato, ce qui lui donne un aspect anguleux qu'elle n'a en général pas sous d'autres doigts. Mais bien d'autres choses tiennent notre attention en éveil: la vélocité hallucinante de la K. 116 ou de la K. 62 donne le tournis; la très ludique K. 119 laisse pantois. Et que dire du chatoiement de la K. 114 ou de l'espièglerie de la K. 162? Apothéose avec le Fandango d'Antonio Soler, choisi par l'artiste pour les meilleures raisons du monde: parce qu'il aime la jouer et qu'elle clôture en effet à merveille ce programme placé sous le signe de l'audace et du jeu fou. Est-il utile de dire que Frédérick Haas s'y montre ébouriffant à souhait et qu'il a certainement dû y prendre un plaisir jubilatoire? Le choix de l'instrument n'est sans doute pas étranger à cette réussite: le somptueux Henri Hemsch de 1751 qu'il touche est magnifique et particulièrement adapté à cet univers tantôt tout en lumière, tantôt en demi-teintes. Les choix interprétatifs ne plairont peut-être pas à tout le monde mais cette approche très originale se doit, nous le pensons, d'être découverte. Voici en tout cas trois disques qui apportent du neuf dans la manière d'aborder Scarlatti. Et prenez le temps de lire la notice: une interview du musicien pleine d'intérêt et d'intelligence.
Bernard Postiau

Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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