Merveilleux jardins de Sainte Catherine de Bologne !

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0126_JOKERI DODICI GIARDINI Cantico di santa Caterina da Bologna 1413-1463 LA REVERDIE, ADIASTEMA 2013-SDRM-70'34-livret et textes en italien, anglais, français, allemand-chanté en italien- ARCANA OUTHERE Music A 367 En ce temps-là (XII-XVe siècles), la foi déplaçait des montagnes, couvrant l'Europe de cathédrales et de couvents tandis que les saints peuplaient le monde. Tout comme François d'Assise composait ses Fiorettis, Catherine de Sienne ses Dialogues, François de Paule créait son Ordre des Minimes et son exacte contemporaine, Catherine de Bologne (1413-1463), laissait 7 admirables Armi Spirituali et les Dodici Giardini. Les méditations quotidiennes de cette belle jeune femme douée pour les arts et instruite à la cour de Ferrare retrouvent le chemin spirituel du «Cantique des Cantiques» et utilisent la métaphore du voyage à travers douze jardins aux noms chargés de poésie: l'hysope de l'Humilité, de la Contemplation, de la Purification ou les violettes de la Solitude. Ce sont ces méditations que font revivre les cinq chanteuses et instrumentistes de l'Ensemble La Reverdie qu'épousent sept autres dames de l'ensemble Adiastema. Un exceptionnel travail musical a précédé la mise en page et la mise en musique de ces Giardini, car Sainte Catherine de Bologne n'a point laissé, comme Hildegarde von Bingen au XIIe siècle, de manuscrit aujourd'hui utilisable: force fut donc de recourir à des Codex ou Laudes conservés dans plusieurs endroits de sa ville natale certes, mais également à Venise, Pavie, Florence, Cape Town ou Paris. Travail de longue haleine, impressionnant par sa justesse et sa beauté, qui ponctue le récital de 3 versions du fameux J'ay pris Amours, dus respectivement à Johannes Martini (1440-1497), Obrecht (1457-1505) et Isaac (1450-1517). Le douzième jardin célébrant l'union extatique avec le bien aimé est confié au compositeur et instrumentiste Doron Sherwin dans une cohérence parfaite. Ce qui aurait pu n'être que froide résurrection -voire laborieuse musicologie, se révèle pure jouissance céleste. Solistes et chœur nous transportent dans un monde de ravissements arachnéens: beauté des voix, lumineuse présence, enthousiasme communicatif! La vitalité de cette musique est rehaussée par de merveilleux instruments (psaltérion, vielle, flûte, rebec, orgue portatif, harpe). Il en naît un disque éminemment prenant -sinon «planant»- dont la justesse de ton ne peut que saisir par sa fraîcheur, sa radieuse beauté, sa juvénile gravité et toucher l'âme la plus indifférente. Comment résister en effet au «Verbum Caro» (n°5) aux polyphonies du 2e Giardino (n°6) ou au 4e (n°9)? Comment passer sous silence le bouleversant 6e (n°12) où certains accents sont dits avec tant de confiance et de foi comme le «Jhesu Christo dilecto» (n°10) ou le «O Jhesu dolce» (n°12)? Dans la lignée de ses précédents enregistrements, l'ensemble La Reverdie mérite, encore une fois, son nom... Merveilleux jardins de Sainte Catherine de Bologne! Bénédicte Palaux Simonnet Son 10- Livret 10- Répertoire 10- Interprétation 10

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