Jozef De Witte à l'Orchestre National de Belgique
Ce sot nos confrères du Soir qui viennent de confirmer la rumeur qui courait ce week-end: le conseil d’administration de l’Orchestre National de Belgique (ONB) a nommé Jozef De Witte directeur général en remplacement d’Albert Wastiaux. L’étonnement vient moins de la personne du nouveau patron qui s’est imposé comme un gestionnaire public à la tête du Centre pour l’égalité des chances -après avoir travaillé pour les restaurants de l’Alma à la KUL, la section flamande d’Amnesty International et l’Opération 11.11.11. C’est plutôt son manque d’expérience du milieu musical qui étonne. Certes, le poste implique de solides exigences managériales. La culture en général, et la musique en particulier, n’en restent pas moins des domaines très spécifiques qui exigent une connaissance intime des rouages et des spécificités des activités gérées.
Un tel choix étonne d’autant plus que la déclaration gouvernementale ne cachait pas son intention de renforcer les synergies entre les institutions musicales fédérales, et notamment entre l’orchestre symphonique de la Monnaie et l’ONB. Un raisonnement qui fait sens s’il s’agit de concentrer les moyens pour doter la capitale de l’Europe de la grande phalange symphonique qu’elle mérite mais qui deviendrait dérisoire s’il ne débouchait que sur une médiocre arithmétique de gestion de ressources humaines. Or, il se fait que l’ONB n’a plus de directeur général et la Monnaie plus de chef : le moment semblait donc opportun d’avancer sur ce projet. Au contraire, les choses traînent et chacun semble se replier sur lui-même, comme le confirme la dernière décision du conseil de l’ONB. Le pari de l’excellence est-il condamné à déboucher sur des querelles dignes de Clochemerle-sur-notes ? On peut espérer le contraire tant la vie musicale bruxelloise mérite mieux. Et les musiciens aussi.