Le chef d’orchestre et musicologue argentin Jorge Rotter a entrepris en 1987 de reconstituer la version primitive de l’œuvre : Dans le nonette, on ne doit pas s’attendre à une œuvre symphonique mais plutôt à une partition de musique de chambre importante correspondant au poids sonore du septuor de Beethoven ou de l’octuor de Schubert. La sonorité de l’orchestre, très différenciée, est remplacée par une sonorité plus subtile, intense, et modulée à la façon d’une musique de chambre, qui confère à l’œuvre une transparence lumineuse.
D’une durée de plus de quarante minutes, l’œuvre se divise en 6 mouvements qui se meuvent entre épisodes profondément inspirés et vraies longueurs un rien artificielles de musique pure. Un préjugé tenace tient généralement les Sérénades pour des œuvres austères, voire secondaires et d’un moindre fini vis-à-vis des Symphonies et pourtant, elles recèlent une énergie imprévisible dans les mouvements lents exprimant une déchirante nostalgie.
Où?
Salle de concert de l’IMEP à Namur, le 21 mars 2016 à 20H00
Salle Académique de l’Université de Liège, le 24 mars 2016 à 12h40.
P.A.F : 10€ / 5€ (65+ et étudiants) / Gratuit jusque 12 ans.
L’ensemble à vents de l’IMEP
Sous la direction de Francis Orval, l’Ensemble à vents de l’IMEP se produira à deux reprises ces prochains jours dans un programme particulièrement intéressant.
Composées entre 1858 et 1860, les deux Sérénades de Brahms, opus 11 et opus 16, constituent une sorte de charnière entre ses œuvres de musique de chambre et ses symphonies. Brahms vient d’entendre, au début de son séjour à Detmold, les sérénades et divertissements pour vent de Mozart. L’esprit d’élégance virtuose, l’écriture raffinée, furieuse et bondissante que l’on retrouve dans les sérénades de Johannes attestent probablement l’influence doublement viennoise de Mozart et de Beethoven. Résultant d’un processus de composition compliqué, la Sérénade en Ré Majeur aurait été primitivement conçue pour octuor à cordes, ou plus vraisemblablement encore pour nonette avec cordes et vents. La correspondance échangée par Brahms avec son ami Joseph Joachim corrobore cette hypothèse, mais il ne subsiste ni parties séparées, ni partition de cette première version pour nonette. L’œuvre ne nous est parvenue que sous sa forme orchestrée et est considérée aujourd’hui comme la première grande œuvre pour orchestre de Johannes Brahms.