Conservatoire en danger
Un document de travail confidentiel rendu public sur les réseaux sociaux révèle les difficultés auxquelles le Conservatoire à rayonnement régional de Brest va devoir faire face : l'abandon pur et simple du label CRR y est préconisé parce qu'il représenterait une plus-value sans rapport avec le coût (sic).
Ce label CRR reçu en 2014 avait requis d’importants investissements y apprend-on, et pour maintenir un financement de l’Etat, les conservatoires doivent garantir un certain niveau d’excellence en proposant de nombreuses disciplines par des enseignants diplômés. La Métropole envisage donc de ne maintenir ce niveau et s'oriente vers une re-fondation centrée sur la démocratisation et la proximité, privilégiant les cours collectifs et en limitant les enseignements rares. Rappelons que ce conservatoire compte 88 professeurs, 25 agents administratifs et plus de 2 000 élèves sur trois sites différents.
Joël Doussard, le directeur du Conservatoire, affirme ne pas en savoir beaucoup plus que ce qu'il a découvert dans le document confidentiel mais il a reçu une lettre officielle de "cadrage budgétaire" l’intimant à faire baisser son coût de fonctionnement de 1,2% dès 2017 (50 000 euros). Les efforts demandés à l'établissement pourraient être bien plus intenses dans un futur proche : le CRR doit anticiper la baisse des dotations de l’Etat sur les prochaines années et donc revoir son projet d’établissement prévu pour fonctionner jusqu’en 2019. Joël Doussard a décidé de se projeter dans un futur très contraint avec une baisse de 20% du budget global, un scénario qui signifierait la suppression de 16 postes.