Florian Noack aux Jacobins

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Les "crescendistes" de la première heure n'ont pas pu oublier Marie-Aude Roux, sa plume élégante et impitoyable, ses argumentaires raffinés pour célébrer la musique et dénoncer les impostures. Les lecteurs du quotidien français Le Monde sont désormais ses familiers depuis longtemps.
Nous ne résistons pas au plaisir de partager ici les premières lignes qu'elle consacre au récital de notre compatriote Florian Noack (*) au festival "Piano aux Jacobins" de Toulouse.

A 27 ans, le pianiste belge Florian Noack s’est imposé avec une forme de discrétion peu habituelle chez les jeunes artistes en quête de notoriété. Il participait, le 18 septembre, à la 38e édition du festival toulousain Piano aux Jacobins, dans le magnifique auditorium Saint-Pierre des Cuisines, une ancienne église désaffectée et réhabilitée dont les fondations remontent à l’Antiquité. C’est un jeune homme svelte, d’allure modeste, qui se met au piano avec aussi peu de manières que s’il était chez lui pour une séance de travail. Au programme, deux Impromptus de Chopin (n° 1 op. 29 et n° 3 op. 51), que le pianiste développe avec un son clair, plutôt léger, usant d’une délicatesse particulière dans le médium. Il y a une grande homogénéité dans la ligne de ce piano qui file droit, ignorant la convention d’idiomes chopiniens – rubatos expressifs, ralentis signifiants ou silences inspirés – et nous livre la musique avec une honnêteté fière, délivrée des courtoisies de circonstance.
Il faut dire que le pianiste s’est, depuis longtemps, singularisé par son appétit d’insatiable découvreur, plus curieux des raretés que du grand répertoire pianistique qu’il dit avoir arpenté comme à ­rebours. C’est ainsi que Florian Noack déclarait, en 2012, dans une interview accordée au site spécialisé Piano bleu : A 14 ans, je jouais davantage de Clementi que de Beethoven, de Medtner que de Rach­maninov, et je travaillais des études d’Alkan alors que je n’avais jamais joué le moindre morceau de Liszt. Ce qu’il apparente, selon ses propres termes, à une sorte de bienheureuse crise d’adolescence !
Florian Noack s’est donc naturellement inscrit dans la ligne que Piano aux Jacobins a mise en place en coopération avec le Palazzetto Bru Zane, qui invite à jouer un chef-d’œuvre méconnu du répertoire français : ainsi, les Sillages de Louis Aubert (1877-1968), élève de Gabriel Fauré,...

(*) Rappelons que l'album de Florian Noack consacré aux oeuvres pour piano de Sergei Lyapunov (chez Ars Produktion) a reçu au printemps dernier un Award des ICMA 2018 (jury constitué des rédacteurs en chefs de 17 organes de presse spécialisés internationaux) qui lui a été remis au Gewandhaus de Leipzig dans le cadre du concert de gala avec l'orchestre de l'institution.

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