"Le Grand Macabre" de Ligeti pour la première fois à l'Opéra d'État de Vienne
Le samedi 11 novembre, la prochaine première, et en même temps une première de l'Opéra d'État, sera à l'affiche : Le Grand Macabre de György Ligeti.
La mise en scène, la scénographie et la chorégraphie (en collaboration avec Paul Blackman) sont assurées par le metteur en scène belge Jan Lauwers, qui revient à la Haus am Ring avec cette nouvelle production après la première acclamée de L'incoronazione di Poppea lors de la saison 2020-21.
Pablo Heras-Casado est au pupitre du chef d'orchestre -c'est déjà sa quatrième première à la Haus am Ring.
Dans le rôle principal de Nekrotzar, le baryton autrichien Georg Nigl fait ses débuts internationaux. À ses côtés, on retrouve notamment Gerhard Siegel dans le rôle de Piet vom Fass, Maria Nazarova dans celui d'Amanda, Isabel Signoret dans celui d'Amando, Wolfgang Bankl dans celui d'Astradamors, Marina Prudenskaya dans celui de Mescalina, ainsi que les débuts maison de Sarah Aristidou dans le rôle du chef de Gepopo / Venus et d'Andrew Watts dans celui du Prince Go-Go.
L'unique opéra de Ligeti est basé sur la pièce "La balade du Grand Macabre" de Michel de Ghelderode, écrite en 1934, et a été créé le 12 avril 1978 à l'Opéra Royal de Stockholm. Depuis, l'œuvre est devenue un élément important du répertoire lyrique mondial. Le compositeur déploie le thème fondamental de l'opéra -l'abolition de la peur et le triomphe d'Ero - par la distance ironique, la distanciation et l'ambiguïté : la Mort, alias Nekrotzar, alias le Grand Macabre démoniaque, arrive dans un pays de cocagne imaginaire et corrompu pour annoncer la fin du monde. Il y apprend à connaître les désirs humains -et finit par être le seul à mourir lui-même. Grâce à cette expérience, l'humanité se sent encouragée à continuer à vivre comme avant et à maintenir son mode de vie frivole.
Ligeti, qui avait un penchant pour la synesthésie -il associait les couleurs et les formes, les machines, les appareils physiques aux processus musicaux et, inversement, les sons et les bruits aux couleurs, aux mots et aux lettres a également écrit Le Grand Macabre avec une orchestration exceptionnelle, que l'on peut entendre pour la première fois à la Haus am Ring. Ainsi, l'instrumentarium comprend, outre une formation à cordes plutôt réduite, une trompette basse, un harmonica, des sifflets, six sonnettes de porte et, surtout, douze klaxons de voiture accordés différemment.