4e Concerto pour piano, 5e et 6e Symphonies de Beethoven, 215 ans
Le Concerto pour piano en sol majeur, op. 58 est le quatrième des cinq concertos pour piano de Ludwig van Beethoven. Il fut composé en 1806 avec cependant des premières esquisses dès février 1804. Sa composition est à peu près contemporaine de sa 4e Symphonie, de son Concerto pour violon et de sa Sonate Appassionnata.
Il a été exécuté seulement deux fois du vivant de Beethoven, dont la première en 1807, à titre privé, au palais du Prince Lobkowitz. Il a été créé en public lors d'un concert « historique » le 22 décembre 1808 au Theater an der Wien, comportant à son programme, outre cette pièce, les créations de sa 5e et de sa 6e Symphonies, ainsi que de sa Fantaisie chorale. Le soliste en était le compositeur lui-même, handicapé par sa surdité partielle.
Il est dédié à l'Archiduc Rodolphe d'Autriche, son élève, dédicataire également de son 5e Concerto.
La Symphonie no 5 en ut mineur, op. 67, dite « Symphonie du Destin », a été écrite par Beethoven en 1805-1807 et créée le 22 décembre 1808 au Theater an der Wien de Vienne. Le compositeur a dédié l'œuvre au Prince Lobkowitz et au Comte Razumovsky, un diplomate russe qui avait commandé les trois Quatuors à cordes de l'op. 59 à Beethoven.
La composition fut menée en parallèle avec celle de la 6e Symphonie, dont la première eut lieu durant le même concert. Au cours de cette période marquée par les guerres napoléoniennes (occupation de Vienne en 1805), Beethoven, qui abordait la trentaine, était de plus en plus sourd.
Cette symphonie a acquis une grande renommée dès les premiers temps qui ont suivi sa première exécution. E.T.A. Hoffmann l'a alors décrite comme l'« une des œuvres les plus marquantes de l'époque ». Elle est au fil du temps devenue l'une des compositions les plus populaires de la musique classique et est fréquemment jouée et enregistrée.
Il n'est pas possible de déterminer une date précise pour la composition de la Cinquième symphonie. Cette œuvre qui montre l'apparence d'une immédiate spontanéité est l'une de celles -les cahiers d'esquisses laissés par Beethoven le montrent- dont la maturation fut la plus longue. Quelques éléments thématiques hantaient déjà l'imagination de Beethoven en 1795 environ. Il se peut qu'à cette époque Beethoven ait pris connaissance des musiques composées pour les cérémonies publiques de la France révolutionnaire par Claude Joseph Rouget de Lisle (Hymne dithyrambique sur la conjuration de Robespierre, 1794), François-Joseph Gossec (Le Triomphe de la République, 1793) ou Luigi Cherubini (Hymne au Panthéon, 1794), le compositeur contemporain qu'il admirait le plus.
On trouve les premières véritables ébauches dans les cahiers de 1803, mêlées aux esquisses de sa 3e Symphonie et « elle appartient manifestement au même stream of consciousness » selon Chantavoine.
Cependant, Beethoven a interrompu son élaboration à de nombreuses reprises pour travailler à d'autres créations, entre autres la première version de Fidelio -dont le finale en ut majeur n'est pas sans analogie avec celui de la Cinquième symphonie-, la Sonate pour piano no 23 dite « Appassionata », les quatuors à cordes nos 7, 8 et 9, son Concerto pour violon, son Concerto pour piano no 4, la Quatrième symphonie, ou encore la Messe en ut majeur.
L'écriture de la Cinquième ne commença vraiment qu'en 1805, le gros du travail eut lieu en 1807 et la partition ne fut achevée qu'au début 1808, au plus tard le 3 mars selon Nottebohm. Une lettre de Beethoven au Comte Franz von Oppersdorf en mars 1808 mentionne l'achèvement d'une symphonie : Le dernier mouvement de la Symphonie a trois trombones et un octavin -et bien qu'à vrai dire il n'y ait pas trois timbales, cette combinaison d'instruments produira quand même plus de bruit et, qui plus est, un bruit plus agréable que six timbales.
La première de la symphonie eut donc lieu le 22 décembre 18081 lors d′un grand concert au Theater an der Wien. Beethoven était sur le point de quitter Vienne pour entrer au service de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, en tant que maître de chapelle à Cassel et voulait offrir aux Viennois un immense concert (une Académie selon le terme en usage à l'époque).
La Symphonie no 6 en fa majeur, opus 68, dite « Pastorale », est composée entre 1805 et 1808. Beethoven l'intitule précisément dans une lettre à Breitkopf & Härtel (28 mars 1809) : Symphonie Pastorale, ou Souvenir de la vie rustique, plutôt émotion exprimée que peinture descriptive, et la co-dédie au Prince Lobkowitz et au Comte Razumovsky. L'œuvre est créée le 22 décembre 1808 au Theater an der Wien de Vienne et publiée en avril 1809 chez Breitkopf & Härtel.
Pour Hector Berlioz, la Symphonie pastorale est un étonnant paysage qui semble avoir été composé par Poussin et dessiné par Michel-Ange.