Alondra de la Parra et Gaëlle Arquez : flamboyance espagnole à Monte-Carlo

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La cheffe mexicaine Alondra de la Parra est à nouveau l’invitée de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, pour un concert à l’Auditorium Rainier III, avec  un programme d’oeuvres latino-espagnoles qui sont sa marque de fabrique. Il serait pourtant de bon ton de l'inviter dans du grand répertoire afin de l’apprécier dans autre chose que ce répertoire de démonstration. Mais bien évidemment, comme à chacune de ses venues, le public monégasque est présent en nombre pour admirer la présence de la musicienne au pupitre et l’énergie communicative et fédérative qu’elle assure dans ces partitions en technicolor.   

La mezzo-soprano Gaëlle Arquez, qui avait déjà enchanté le public de l’Opéra de Monte-Carlo en mars dernier dans la double affiche ravélienne L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilèges, était la soliste de la soirée.

La Rapsodie espagnole de Ravel, véritable feu d’artifice orchestral, foisonne d’ingénieuses combinaisons sonores. Alondra de la Parra en offre une interprétation vivante, colorée et éclatante, mettant en valeur la richesse des timbres et la virtuosité de l’orchestre.

Vient ensuite Shéhérazade, l’une des partitions les plus subtiles et les plus exigeantes du compositeur.  Gaëlle Arquez y déploie une voix somptueuse, souple et nuancée, d’une rare musicalité. Sa prestation fascine par sa sensualité, son raffinement et sa profondeur émotionnelle : Arquez est Shéhérazade.La complicité musicale entre la mezzo-soprano et la cheffe est parfaite. 

Dans Alborada del gracioso, Alondra de la Parra fait jaillir toute la verve rythmique et la flamboyance hispanique de Ravel. Sa direction, nerveuse et d’une précision assurée, rend justice à cette pièce palpitante et redoutablement complexe.

La suite n°2 de Daphnis et Chloé clôt la partie ravélienne dans un souffle communicatif. La cheffe mexicaine souligne l’intensité et la transparence, préservant avec soin la richesse rythmique et la délicatesse des textures.

Place à Manuel de Falla avec ses Sept Chansons populaires espagnoles. Gaëlle Arquez captive par son timbre velouté, sa diction claire et sa musicalité profonde. On regrette juste de ne pas avoir eu dans le programme de texte chanté, pour apprécier le ton littéral de la partition. Enfin, dans El Amor Brujo, dans une suite purement orchestrale arrangée par William Ryden, Alondra de la Parra enflamme littéralement l'Auditorium Rainier III, passionnée, et pleine de caractère. 

Le public, naturellement conquis, lui réserve une ovation chaleureuse.

Monte-Carlo, Auditorium Rainier III, 5 octobre 2025

Carlo Schreiber

Crédits photographiques : OPMC Communication

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