Entre justesse et équilibre, un Schubert exceptionnel

par

Franz SCHUBERT
(1797 - 1828)
Trio avec piano en mi bémol majeur D.929 – Sonate Arpeggione en la mineur D.821
Antje Weithaas (violon), Marie-Elisabeth Hecker (violoncelle), Martin Helmchen (piano)
2017-73'24''-Textes de présentation en allemand, anglais et français-Alpha 284

Paru en novembre 2017 chez Alpha, ce disque entièrement dédié à Schubert ravira les amateurs de musique de chambre. Page majeure du répertoire pour cette formation, le Trio op. 100, écrit par Franz Schubert lors de la dernière année de sa vie, a notamment été popularisé auprès du grand public par son utilisation au cinéma (par exemple, dans le film « Barry Lyndon » de Stanley Kubrick). Antje Weithaas, Martin Helmchen et Marie-Elisabeth Hecker, tous trois menant par ailleurs une très belle carrière de solistes, en réalisent une interprétation qui frappe par sa justesse et son équilibre. Dans le livret, Marie-Elisabeth Hecker déclare avoir juste suivi les indications de Schubert. Alors que certaines versions relevant de cette démarche de jouer “à la lettre” se révèlent creuses et inintéressantes, c’est ici tout le contraire qui se produit. Dans une complicité sans égal, les trois musiciens parviennent à rendre d’une manière poignante ce qui fait la profondeur de la musique de Schubert : cette mélancolie omniprésente, même dans les passages qui pourraient sembler les plus “insouciants”. Jamais excessifs, jamais impudiques, ils prononcent chaque phrase avec naturel et aisance : rien n’est forcé. Leur choix de jouer la version longue du dernier mouvement, première version écrite par Schubert, est d’ailleurs pleinement assumé et admirablement conduit jusqu’à la dernière note : on ne s’ennuie pas une seconde. Ecoutez le pur désespoir des mesures qui précèdent le premier retour du thème de l’andante…
Nous retrouvons ensuite le couple Hecker-Helmchen dans la sonate Arpeggione antérieure au trio de quelques années. L’arpeggione était un instrument hybride, à mi-chemin entre le violoncelle et la guitare, inventé en 1823 et rapidement tombé en désuétude. La sonorité d’Hecker est claire et ses articulations précises, même dans le suraigu du violoncelle : la tessiture ardue et délicate est l’une des difficultés principales de cette sonate. Dans le dialogue entre les deux instruments, on devine une longue expérience musicale commune. Les deux artistes avaient notamment signé un très bel enregistrement des sonates de Brahms en 2016, également chez Alpha.
Aline Masset, reporter de l'IMEP

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