"Alma Mahler, une passion", un biopic
Il est des figures qui, par leur personnalité et leur trajectoire de vie non reproductible, semblent prédestinées à être ressuscitées par la littérature et le cinéma. Alma Mahler est sans aucun doute l'une d'entre elles.
Née en 1879 dans une Vienne débordante de talents artistiques, fille elle-même d'une chanteuse et d'un peintre, elle fait preuve très tôt de dons musicaux remarquables : outre le piano, elle est compositrice, ce qu'elle perfectionne avec Alexander von Zemlinsky.
Mais l'attirance d'Alma pour l'art est en quelque sorte associée à son attirance pour les artistes, comme si en elle les composantes physiques et intellectuelles se fondaient en une unité indissoluble. Sa vie va de pair avec celle d'une extraordinaire galerie de génies qu'elle a séduits et inspirés. Muse et amante de Gustav Klimt et d'Oskar Kokoschka, épouse du compositeur Gustav Mahler puis de l'architecte Walter Gropius et de l'écrivain Franz Werfel, Alma a fini sa vie de l'autre côté de l'Atlantique, à New York, métaphore résolue d'une biographie qui semble tout englober.
Après avoir inspiré le film de Bruce Beresford "La Fiancée du vent" (2001), la vie d'Alma Mahler fait à nouveau l'objet d'une transposition cinématographique dans le long métrage "Alma Mahler, la Passion", qui sort bientôt en salles. Son auteur, le cinéaste autrichien Dieter Berner, a déjà démontré son talent dans le domaine du biopic avec le récent -et primé- film "Egon Schiele - Death and the Maiden". Produit par FILM AG, "Alma Mahler, Passion" est écrit par Hilde Berger.
Tout en explorant ses relations avec Gustav Mahler et Walter Gropius, le film se concentre principalement sur la passion obsessionnelle et autodestructrice entre Alma et le peintre Oskar Kokoschka, interprétés par les acteurs Emily Cox et Valentin Postlmayr. Selon Berner, bien qu'Alma et Oskar soient des personnages "historiques", le public doit les rencontrer comme s'ils étaient "ici et maintenant". Leurs conflits sont modernes et nous n'avons pas besoin d'évocations nostalgiques du passé pour les comprendre. Nous sommes témoins d'une femme qui sera plus tard connue pour sa réputation de collectionner des hommes comme trophées de chasse. Nous contemplons aussi un homme possédé par le besoin de créer, non seulement des œuvres d'art, mais aussi sa vie, qu'il partage avec une femme qu'il admire profondément.
Depuis 1973, Dieter Berner (Vienne, 1944) travaille principalement comme réalisateur et scénariste pour le cinéma et le théâtre, bien qu'en 1989 il ait joué le rôle principal dans "Le septième continent'" de Michael Haneke. Sa notoriété dans les pays germanophones est due à la série télévisée "Alpensaga", qui raconte l'histoire d'un village autrichien. Son dernier long métrage, "Egon Schiele-Death and the Maiden" (2016), a été distribué dans plus de 40 pays et a reçu plusieurs prix, par exemple le prix du film autrichien pour la "meilleure actrice", Valerie Pachner, le ROMY (prix autrichien du cinéma et de la télévision) pour le "meilleur scénario", la "meilleure production" et le "meilleur espoir".