Haruki Murakami, Prix Princesse des Asturies de littérature 2023

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La musique, rien que la musique' dans l'œuvre de Haruki Murakami

La musique est une ressource narrative fondamentale dans la fiction d'Haruki Murakami, qui vient de remporter le Prix Princesse des Asturies 2023 de littérature. Dans les récits de l'écrivain japonais (Kyoto, 74 ans), on trouve des références au rock and roll, au jazz et à la musique classique. Il ne s'agit pas de simples touches de couleur, mais de véritables catalyseurs du flux narratif.
L'un de ses meilleurs romans, Kafka on the Shore (2002), tourne autour d'une chanson fictive, tout en utilisant plusieurs compositions classiques pour explorer la conscience de ses personnages. C'est le cas de la Sonate D850 de Schubert, qu'Ôshima associe à son hémophilie. Ou encore le Trio Archiduc de Beethoven, qui aide le jeune Hoshino à reconsidérer sa vie. Mais Murakami se réfère toujours à des enregistrements spécifiques, qu'il cite souvent, comme ceux d'Alfred Brendel et Vladimir Ashkenazi dans Schubert, ou d'Arthur Rubinstein, Jascha Heifetz et Emanuel Feuermann avec le Trio Oistrakh dans Beethoven. Mais dans Music, Just Music (2011), cet univers personnel a pris vie dans une série de conversations avec le chef d'orchestre japonais Seiji Ozawa (Shenyang, Mandchourie, 87 ans). Et l'on découvre la véritable relation qu'entretient Murakami avec ces disques. Un entretien qui commence par un pivot autour de l'enregistrement par Glenn Gould du Troisième concerto pour piano de Beethoven, sous la direction de Leonard Bernstein. Un disque que le protagoniste de son premier roman, Listen to the Song of the Wind (1979), offre à son ami Rat.

Murakami commence par une étude historique de six interprétations de ce concerto beethovénien, enregistrées entre 1957 et 1996. Il souligne les versions de Gould avec Herbert von Karajan et Bernstein, et sa conversation avec Ozawa se poursuit avec Mitsuko Uchida, son propre enregistrement avec Rudolf Serkin en 1982, sans oublier la tendance historiciste moderne illustrée par Jos Van Immerseel. Mais, en habile conteur, Murakami condense, dans ce premier entretien, tous les ingrédients que le livre déploie.Sans oublier le portrait musical le plus précis d'Ozawa et lisons les mémoires que le chef d'orchestre japonais n'aurait jamais écrites.

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