Interdiction du bois de pernambouc ?

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Les archetiers du monde entier sont inquiets. Le bois de pernambouc, originaire du Brésil et utilisé depuis le XVIIIe siècle pour la fabrication des archets, pourrait être interdit à la vente ainsi qu’au transport à échelle globale.

En 2007 déjà, la Conférence des Parties à la CITES qui se tient tous les trois ans depuis 1976, à La Haye aux Pays-Bas, un premier projet d’ajout du bois de pernambouc à l’Annexe II de la CITES a été signé. L’Annexe II met en lumière des espèces de faune et de flore qui pourraient être rapidement menacées si leur commerce ne devenait pas plus contrôlé. Cette annexe oblige notamment toute commande de bois de pernambouc à avoir un permis d’exportation. En adoptant de telles mesures, le Brésil espérait mettre un frein àl’exportation illégaledu bois de pernambouc qui participe à l’appauvrissement de l’espèce.

Le Brésil souhaiterait maintenant pouvoir transférer son bois dans l’Annexe I de la CITES. qui couvre des espèces menacées d’extinction dont le commerce international est généralement interdit. Si cette proposition devait être adoptée, la circulation des archets en pernambouc se verrait donc régulée et nécessiterait des autorisationsou permis spéciaux.

Sept syndicats professionnels liés au monde de la musique tirent la sonnette d’alarme : celà reviendrait à une extinction de l’archèterie telle que nous la connaissons. Toutes les parties du bois, tous les archets et tous les produits finis exceptés l’instrument et ses parties seraient interdits à la circulation sans avoir un passeport musical conforme: des formalités administratives gigantesques qui se profilent pour des orchestres symphoniques, par exemple.
Dans une tribune publiée le 8 novembre sur Le Monde, près de 200 personnalités du monde de la musique classique dont le violoncelliste Yo-Yo Ma et d’autres musiciens d’envergure internationales’étonnent d’une telle décision qui ne règlerait pas le problème, l’archeterie étant déjà conscientisée quant à la rareté du bois de pernambouc.

C’est au XVIIIe siècle que le pernambouc est devenu l’essence de prédilection à la confection des archets, sous la main de l’archetier français François Xavier Tourte (1747-1835). C’est sa densité élevée, mais aussi sa résistance ainsi que sa souplesse qui ont fait de ce bois un allié de choix dans l’évolution de l’archeterie.

Depuis plus de vingt années, des professionnels de l’archeterie du monde entier se sont unis afin de mettre en place avec des ONG brésiliennes un programme de conservation du pernambouc. Près de 340 000 pernamboucs, arbre à la croissance lente pouvant atteindre une quinzaine de mètres, ont déjà été plantés.

Si les archets en fibre de carbone sont de plus en plus communs, ils ne présentent pas les mêmes caractéristiques que des archets en bois. Ils ne connaissent pas de dilatation ou contraction et ne bougent pas comme le bois, matière vivante.

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